Le forum des TL de St-Charles!

Ceci est un forum d'entraide, pas de pompage! Donnez vos liens, vos infos, pas votre travail, et blablatez tranquillement!...
 
AccueilGalerieFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Commentaires des textes vus en cours

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:30

Une petite aide pour les révisions de dernière minute: voici les commentaires des textes vus en classe entièrement dactylographiés par mes soins, sous forme de notes...



Voltaire, Candide
« Incipit »


I. En apparence, une page de conte traditionnel
1. Les éléments classiques
- tournure introductive « il y avait » (l.1)
- cadre de l’action : « château »
- 1er personnage apparaissant est Candide, superlatifs « les mœurs les plus douces », « l’esprit le plus simple ». Il porte le nom correspondant à son traît de caractère principal + « sa physionomie annonçait son âme » = c’est un héros de conte
- personnages introduits avec adjectifs élogieux : le baron est « l’un des plus puissants seigneurs », la baronne est « respectable », leur fils est « digne » et leur fille Cunégonde est « fraîche, haute en couleurs ». Les adolescents ont un précepteur, Pangloss, qui est « l’oracle de la maison » (rôle de la bonne fée) = personnages de contes de fées
- champ lexical de la plénitude « bonheur », « meilleur des mondes », « tout est au mieux » = situation initiale d’un conte traditionnel

2. Une action conformes aux schémas traditionnels
- emploi de l’imparfait délimitant la situation initiale
- apparition d’un indice temporel précis : « un jour » suivi de verbes au passé simple, temps de l’action courte = élément perturbateur
- Les éléments s’enchaînent très vite après ceci, marqués par des phrases entrecoupées de virgules et de points-virgules rendant la lecture saccadée. = péripéties
- exemple de péripéties l.45 «leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s’enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s’égarèrent » (allitération en [r] et homéotéleute pour renforcer) = on a le schéma narratif
- Candide est chassé du château, on comprend donc que son but sera de retrouver sa bien-aimée et le bonheur de la situation initiale. = schéma actanciel = Candide est le sujet, Cunégonde est l’objet, le destinataire est le bonheur, les adjuvants sont Pangloss et Cunégonde, les opposants sont le baron et la baronne.


II. Une critique de la noblesse du XVIIIème siècle
1. Des personnages ridicules
- nom de la famille Thunder-ten-Tronck, sonorités dures = caricature
- justification de la puissance du baron est ridicule (« portes et fenêtres »)
- la salle comporte une seule tapisserie, pauvreté mise en valeur par l’ironie de l’adverbe « même » : « comportait même une tapisserie »
- meute de chiens composée de chiens de basse cour
- « vicaire du village » est le « grand aumônier »
- La baronne tente de prouver par son embonpoint que malgré leur pauvreté ils peuvent être bien nourris : tentative ridicule. Pour décrire la baronne, Voltaire discrédite le champ lexical de la dignité avec celui du poids + il choisit d’énoncer son poids en livres pour rendre le chiffre plus impressionnant.
- Cunégonde est « grasse, appétissante » = comparaison avec une pâtisserie
- Le fils est « en tout digne de son père ». « digne » est discrédité par la comparaison avec le baron.


2. Des personnages violents et inadaptés
- Le baron chasse Candide à « grands coups de pieds dans le derrière ». Les mots « grands » et « derrière » renforcent la vulgarité du geste.
- participe présent « voyant » associé aux deux passés simples « passa » et « chassa » + l’emploi de « dès » et les allitération en [f] accentue le manque de réflexion et la rapidité. = baron et baronne aussi peu distingués que leur nom
- parodie de la naissance d’un amour : ironie du champ lexical de la science lorsque Cunégonde découvre l’amour + réaction en miroir de Candide par rapport à Cunégonde, renforcée par l’emploi des mêmes mots et expressions + contexte plus propre à la digestion qu’à l’amour « comme on sortait de table » + « paravent » et « mouchoir » = stéréotypes de l’amour + actions accélérées avec homéotéleutes et passés simples


III.La dénonciation de l’Optimisme
1. La critique de Pangloss et de ses théories
- Pangloss : du grec, celui qui parle sur tout.
- Science enseignée faussement respectable : la métaphysique, la théologie et la cosmologie sont discréditées par la nigologie, science des nigauds = gradation péjorative renforcée par l’assonance en [o] et la longueur ronflante
- Discours direct afin de prouver la stupidité du personnage : le plaidoyer de Pangloss est soutenu par des connecteurs logiques mais son discours est complètement dénué de logique et les exemples qu’il choisit sont terriblement prosaïques = étroitesse d’esprit contraire à la philosophie.
- Pangloss emploie sans cesse les mêmes formules, il ne fait que répéter des sornettes.

2. Les conséquences néfastes
- Pangloss est montré comme porteur d’un message religieux : champ lex de la foi « oracle », « bonne foi », « croyait » + « écoutait attentivement et croyait innocemment » est une référence à la formule des prêtres qui haranguaient la foule « écoutez et croyez ! » = Candide et Cunégonde ne peuvent avoir aucun esprit critique face à un prophète
- Candide énumère les degrés de bonheur en utilisant un raisonnement replié sur la vie au château, n’imaginant rien de plus. Raisonnement souligné part le chp lex de la logique = il reproduit exactement ce que fait Pangloss. + un des degrés de bonheur est d’être Cunégonde, Candide n’est pas choqué de penser à être une fille = Pangloss a compromis son identification au sexe masculin.
- Cunégonde croit assister à une expérience scientifique quand elle découvre l’amour : champ lex de la science. En tant que femme de son époque, elle aurait dû être éduquée au mariage, mais l’éducation de Pangloss l’en a empêché et la rend totalement ignorante de ces choses.








Voltaire, Candide
« Eldorado »



I. Un univers de conte
1. Les éléments appartenant au merveilleux
- éléments de conte de fées : « carrosses », « moutons volants », « palais du roi », « portail impressionnant »

2. Les éléments hyperboliques
- chiffres exagérés : le portail fait « vingt pieds de haut et cent pieds de large », il y a « mille colonnes », deux filles de « milles musiciens »
- pluriels employés sans cesse
- champ lexical de la grandeur « édifices jusqu’aux nues », « supériorité prodigieuse »

3. Les éléments qui tendent à la perfection
- luxe, richesse : on conduit les voyageurs aux bains (rite exceptionnel en Europe), champ lexical de la richesse « or et pierreries », « pierreries », ils sont vêtus d’un vêtement en « duvet de colibri » (exotisme) + sol dallé odorant, fontaines de plusieurs eaux, mises en valeurs par la répétition du mot « fontaine »
- la garde est féminine et non pas masculine « vingt belles officières ». Mis en valeur par la féminisation du mot officier. Cette garde est présente plus pour la décoration que pour la défense du pays. Le pays ne craint aucun ennemi.
- efficacité : « en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à l’autre bout de la capitale » + Le pays n’a pas de prison.

II. Une utopie
1. Un pays bien géré politiquement
- monarchie : « roi », « Sa Majesté » : ce roi est respecté
- « selon l’usage ordinaire » sous-entend qu’il existe des lois
- système judiciaire absent : mis en valeur ligne 20 par négation et redondance : « il n’y en avait pas, et qu’on ne plaidait jamais ». L’absence de justice sous entend qu’il n’y a aucune infraction à la loi et que le peuple est heureux.

2. Un pays où il fait bon vivre
Analyse des perceptions sensorielles :
- vue : description des richesses, de la grandeur, la beauté. Répétitions du verbe voir. La découverte de ce monde se fait par la vue, et cette vue est magnifique.
- Odorat : sol dallé odorant, « gérofle » et « cannelle »
- Goût : annonce du repas « les pria poliment à souper », goût de l’eau rose et des liqueurs de canne à sucre.
- Toucher : « duvet de colibri », « les bains » (mis en valeur par le pluriel)
- Ouïe : les musiciens (il y a deux mille) et le bruit de l’eau des fontaines, suggéré par l’allitération en [k] évoquant le clapotement de l’eau et en [p] afin d’évoquer les pas des visiteurs.
= ces perceptions développent et créent un imaginaire heureux.




3. Un pays qui surprend
-cérémonie pour saluer le roi, soulignée par des propositions subordonnées interrogatives indirectes, mises en valeur par l’anaphore « si on » et les expressions familières montrant que c’est Cacambo, le valet, qui parle.
- lors de la description du palais des sciences, des subordonnées relatives insistent sur l’étonnement de Candide et sa satisfaction. Le sujet (le palais des sciences) est introduit par les sentiments de Candide.
= extrême stupéfaction des deux personnages.

III. Portée de l’utopie : dénonciation politique par la peinture d’un monde renversé
1. La critique du roi de France
- champ lexical de la proximité « embrasser le roi », mis en valeur par un procédé redondant lignes 13-14. C’est le seul passage au discours direct. Cet usage est respecté immédiatement par Candide et Cacambo qui « sautent au cou du roi ». Il existe donc une loi, et elle est appliquée.
- politesse du roi : « toute la grâce imaginable » : il est rare d’employer le mot « grâce » pour un homme. Ce terme est mis en valeur par « toute » et « imaginable » + « pria poliment à souper » : allitération en [p] insistant sur l’amabilité du roi.
- ce roi est proche de ses sujets, contrairement au roi de France. L’expression familière « sauter au cou » = proximité et amitié. = Il peut être respecté sans être distant.

2. La critique de l’Etiquette
- « usage » 2 occurrences = étiquette minimum + les suggestions de Candide et Cacambo sont ridicules et très soumises. Voltaire se moque des règles de l’Etiquette française.

3. Critique de l’accueil des étrangers
Voltaire critique l’ethnocentrisme européen. Le roi de France recevait froidement les étrangers, sans attentions. Ici, Candide et Cacambo sont reçus fastueusement :
- ils ont un « carrosse » + allitération en [k] ligne 1 et présent de narration alors que le récit est au passé, afin de faire ressortir l’action.
- Le « on » montre qu’ils sont accueillis par toute la population = accueil est la priorité des gens
- Rituel d’accueil excessif : « reçurent », « conduisirent », « vêtirent », « menèrent » : ils sont complètement pris en charge par les plus grands du pays. + 1000 musiciens, quantité soulignée par « selon l’usage ordinaire »
= critique du manque d’ouverture d’esprit des européens

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:30

Voltaire, Candide
« C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »



I. Une mise en scène au service de la présentation de l’esclave
1. Les détails visuels que Candide découvre
Effet de zoom donnant des renseignements de plus en plus précis :
- « étendu par terre » : soumission
- vêtements = pauvreté
- mutilation : opposition gauche droite = homme totalement anéanti
- passage narratif au passé simple et descriptif à l’imparfait donne la crédibilité du contexte
- registre pathétique mis en valeur par l’intermédiaire de Candide, de ses commentaires et de ses questions + insistance sur les pleurs de Candide à la dernière ligne.

2. Les détails auditifs : les discours du nègre et de sa mère
- soumission : « j’attends mon maître » : respect étonnant envers ce maître, qu’il nomme « Monsieur » et qu’il qualifie de « fameux négociant »
- justification des mutilations dites avec une grande neutralité
- origine de l’esclavage racontée avec une analepse : récit très précis, avec lieu, temps, motivation de la vente soulignée par chp lex bonheur.
- intervention de la mère mis en valeur par sa position centrale ds le passage. Le choix de la mère, la protectrice, renforce l’horreur de la manipulation.
- registre en apparence neutre, mais aussi ironique.

II. La double dénonciation
1. La dénonciation de l’esclavage
- présence des trois continents : Amérique, Guinée, et le négociant hollandais.= dénonciation du commerce triangulaire « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »= critique de l’ethnocentrisme.
- chp lex du commerce, du profit, associé aux européens + sonorité du nom du maître de l’esclave
- cruauté des européens : allusion au Code Noir avec « c’est l’usage » + « on nous » répété de nombreuses fois = caractère universel du témoignage, tous les esclaves sont dans ce cas.
- Dénonciation renforcée par la banalisation des mutilations, l’absence de commentaires et se sentiments + présent de vérité générale.
- hypocrisie de l’Eglise : décalage énorme entre les paroles des prêtres et leurs actes. Chp lex de la famille dans le discours des prêcheurs : la race humaine est une seule et grande famille.+ discours indirect : le nègre retranscrit ce qu’il a entendu = donne de la crédibilité à son témoignage. La chute du discours de l’esclave condamne définitivement l’Eglise.

2. La dénonciation de l’Optimisme
- interpellation de Pangloss : rupture avec le début du texte, montre le désespoir de Candide + l.21 allitération en [k] attire l’attention.
- absence d’article devant Optimisme montre que Cacambo ignore complètement ce que c’est. Cacambo = réalisme et esprit pratique, donc l’Optimisme est contraire au réalisme.
- réponse de Candide : « rage » = pulsion, comme un instinct non contrôlé, quasi animal, très péjoratif. Puis antithèse « bien »/ « mal » souligné l’absurdité de la doctrine.
- « je renonce » = prise de recul de Candide, au travers duquel Voltaire parle.



Voltaire, Candide
« Epilogue »



I. L’Epilogue
1. Rappel des éléments importants du récit
- Incipit : Candide est chassé d’un monde clos et illusoire
- Inquisition : tremblement de terre de Lisbonne. Candide confronté aux superstitions des hommes, la folie, le pouvoir abusif de l’Eglise.
- péripéties en Amérique
- coup d’épée au baron : Candide se découvre capable de faire le mal
- perte des moutons d’Eldorado : la richesse matérielle n’est pas une réponse à la question du bonheur.

2. Réunion des personnages secondaires
- se sont des persos qui ont tous beaucoup souffert = annonce la réflexion sur le bonheur.
- rapide bilan sur chacun marquant une évolution : verbes d’état, termes positifs, champ lexical des qualités et verbes d’action. Ces personnages ont trouvé une occupation.

3. Evolution de Candide
- intervention au style direct de Candide : il coupe la parole à Pangloss en reprenant les mêmes mots + à la dernière ligne il fait une concession apparente, mais s’oppose avec le « mais » : manière polie de lui dire qu’il a tout faux.
- « il faut » = ordre de Candide
- Candide affirme sa propre pensée, il a construit son propre système de penser.
- Pangloss reconnaît que Candide a raison
= Candide a atteint sa maturité.

II. Critique de la philosophie de Pangloss
1. Une philosophie éloignée du réel
- référence erronée au jardin d’Eden
- réponse par généralités alors que Candide cherche des réalités
- citation latine que nul n’est en mesure de comprendre
- se réfugie derrière un discours intellectuel inadapté car il est incapable de répondre aux questions de Candide.

2. Un raisonnement faussé et illogique
- anaphore de « si vous n’aviez » qui établit un lien de cause à effet rappelant le chapitre I. Faux rapport logique entre les conditions et leurs réponses.
- distorsion ridicule entre la gravité des hypothèses et la futilité de la conclusion
- champ lexical de l’Optimisme « bon » et « beau » aboutit à manger des cédrats et des pistaches = philosophie qui n’aboutit à rien.

3. Une philosophie stérile
- Pangloss n’a pas évolué = il ne sait que parler et il parle mal.
- verbes déclaratifs concernant Pangloss (« dire », « disait », « dit »…). L’emploi à l’imparfait de « disait » suggère que c’est un discours qu’il répète souvent.
- il est le seul à ne pas travailler et à se réfugier dans la parole. Il ne devient rien, aucune qualité et aucun changement ne le caractérisent.
- Sa philo le bloque, l’empêche d’agir pour les autres et de se construire.
- tous les autres s’accomplissent et réussissent, alors que Pangloss est en échec.

III. Portée de l’œuvre et de l’épilogue : la philosophie du jardin
1. Le travail, condition d’une vie sereine
- importance du conseil du vieux turc
- conseil de Martin donné à la forme impérative prouve que l’action s’oppose à la parole stérile. Le présentatif « c’est » et l’adj « seul » mettent en valeur le verbe « travailler ». Pour Martin le pessimiste, la vie est « supportable » = c’est sûrement pour lui le degré de bonheur maximal. Il a évolué par rapport à sa théorie du pessimisme.
- « noble dessein » renvoie au travail. Terme soutenu donnant de la valeur au labeur. Connotation très positive.
- travaux manuels mis en valeur : pâtisserie, broderie, blanchisserie, menuiserie… Il faut être bon dans son propre domaine. Le soin du quotidien rend heureux.

2. La notion de communauté
- « toute la petite société » : un peu comique d’utiliser le terme « société » pour 7 personnes = il faut l’interprété comme une généralisation de la situation afin de montrer un modèle.
- le modèle de société de Voltaire est concret, ce n’est pas une utopie.
- « notre » devant « jardin » : cette philosophie n’est pas individuelle, chacun met sa spécificité au service du groupe (parabole des talents). Don de soi à la communauté permet de se réaliser.
- mise en place difficile : les persos luttent contre eux-mêmes pour réussir (frère Giroflée et Cunégonde). Cunégonde a perdu sa seule richesse (la beauté), mais elle la compense par ses talents de pâtissière.

4. « cultiver notre jardin »
- antithèse : « la petite terre rapporta beaucoup » = transcrit la réussite de leurs efforts malgré leur manque de moyens.
- réussite des persos : « excellente », « honnête homme ». Gradation dans l’évolution du frère Giroflée. Il rend service, puis devient menuisier (talent manuel), puis honnête homme (talent moral). = organisation bienfaisante pour les persos.
- « Jardin » = référence à Epicure : philosophie du Jardin = il faut exploiter ce que l’on porte en nous, faire avec ce que l’on a, se contenter du présent (carpe diem). « jardin » désigne à la fois la société et chacune des personnes (son »jardin secret », ses qualités personnelles). Le bonheur est à trouver en soi.
- Ne pas se fier aux fausses valeurs comme la beauté physique et la richesse (Cunégonde et Eldorado), l’optimisme ou le pessimisme, car le bonheur est à trouver en soi.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:31

La Fontaine
« Le Vieillard et les trois jeunes hommes »



I. Un débat idéologique sous forme de fable
1. La mise en place du débat
- vers 1 définit un état avec l’emploi de l’imparfait.
- discours, longue partie des vers 2 à 27
- des v 2 à 12 jouvenceaux avec discours indirect libre « assurément il radotait »
- v 13 à 27 réponse du vieillard
- v 28 à 36 récit au passé simple.
= ceci montre bien que nous sommes dans un débat argumentatif, où chacun des groupes de personnages expose sa thèse à tour de rôle. Ce dialogue est suivi par la conclusion du texte, la morale de la fable.
- les pronoms sont très présents dans le discours des jouvenceaux : « je », « nous », « il » = ils sont très agressifs.
= on entre ainsi dans un récit aux personnages clairement définis et à la mise en scène structurée. Le débat est mis en place par le discours, et sera conclu par l’auteur à la fin.

2. La thèse des jouvenceaux
- thèse : l’âge du vieillard est contraire à l’acte de planter = il est fou
- procédés :
- leur désapprobation est montrée par des intonations orales « passe encore », « radotait », « planter à cet âge » = ceci sous-entend le mépris.
- « car » introduit une argumentation = dénonce l’attitude du vieillard, l’attaque avec des arguments v.5 à 12
- champ lex du temps : l’âge avancé du vieillard ne lui permettra pas de profiter des bienfaits de ses efforts. La vieillesse n’est pas concernée par l’avenir. Le vieillard doit seulement se soucier du passé et réfléchir à ses erreurs.
- Mise en valeur des arguments par des interrogations rhétoriques et du présent.
- Impératifs utilisés au début de vers, ton catégorique et autoritaire + « il faudrait » = verbes falloir a une valeur d’ordre
- Souci de convaincre et persuader : « au nom des Dieux » rappelle sa condition de mortel = comparaison avec un patriarche
= Ils prêchent la mort et l’enfermement sur soi.

3. La thèse du vieillard
- annonce de la thèse : v.1 sous forme d’action, la thèse n’est formulée qu’après l’attaque du vieillard par les jouv. Elle est exprimée ensuite brièvement par un octosyllabe.
- arguments : ses arguments sont une défense, il ne cherche pas la dispute. Il répond sans agresser les autres, et ouvre son argumentation en reprenant les mêmes termes (« ne convient ») que les jouv.
- la thèse :
- toute réussite est éphémère et aléatoire (mise en valeur par des mots courts, des monosyllabes)
- la durée de la vie humaine est imprévisible
- travailler pour les autres, et particulièrement pour sa propre descendance est agréable

- procédés :
- peu de pronoms s’adressant au x jouvenceaux. Il utilise le présent de v. g. , élargissant ainsi le débat et proposant un discours philosophique.
- Vocabulaire recherché, figures de style (métaphores, allégories) = style plus poétique et plus agréable que celui des jouvenceaux
- Discours plus long et plus argumenté + il ne met pas en cause les jouvenceaux, mais répond par sa vision de la condition humaine = registre didactique (registre de l’apprentissage)
- Discours du vieillard mis en valeur par sa position centrale dans la fable.


II. La philosophie du vieillard défendu par l’auteur
1. La confirmation de l’argumentation du vieillard
- confirmation claire de l’argumentation du vieillard : « le vieillard eût raison ». Dc néga° de l’argumentation des jouv.
- morale implicite dans la conclusion : incitation à œuvrer pour autrui tout au long de sa vie. Ceci est justifié par les conditions des morts des jouvenceaux :
- Noyade : il se noie dès le port, sans aucune gloire
- Guerre : mort brutale, dans la violence
- Accident de jardinage : ridicule de la situation
= se sont trois morts rapides, violentes et inattendues, rendues par le passé simple. + ce ne sont pas des morts dans des situations valorisantes. 3 situations sans rapport avec autrui, au service d’eux même.

2. La valorisation du personnage du vieillard
- engagement de la Fontaine en faveur du vieillard : le perso grave sur la tombe des jouv l’histoire de la Fontaine = perso et auteur se confondent
- portrait laudatif du vieillard : il l’appelle « Sage », avec un S majuscule = ceci fait de lui l’incarnation de la Sagesse, ce qui s’oppose avec les jouv, qui sont désignés comme des enfants, comme des immatures.
- il pleure la mort des jouv : donne au perso une dimension exceptionnelle = perso humain et altruiste

3. La métaphore du jardin
- chp lex du jardin « plantait », « fruit » + chp lex plaisir très fort « jouir », « plaisir », « fruit que je goûte » = épicurisme.
- référence à Epicure, mais en y ajoutant une dimension altruiste et humaniste. La Fontaine va au-delà du Carpe diem.

Conclusion :
- 2 argumentations sur la meilleure façon de vivre et sur le bonheur.
- La Fontaine s’engage en faveur du vieillard épicurien, qui choisit de profiter de chaque moment pour faire fructifier son champ et servir au mieux ses proches.
- Ouverture : chap 30 de Candide = Voltaire conduit ses persos à « cultiver » leur jardin de manière à faire fructifier leur communauté, et ainsi trouver le bonheur en mettant leurs talents au service des autres. Cependant, la morale de la Fontaine concerne l’homme pris dans son individualité, alors que Voltaire s’adresse à la société toute entière.


Lewis
Pourquoi j’ai mangé mon père
« Un seuil ou le seuil »



I. Un débat caractéristique de l’apologue
1. Un dialogue intégré dans un récit
- personnages : dès le début, les noms des persos sont donnés par un narrateur relié à eux par lien de parenté. Le narrateur est concerné par la chose, il participe intellectuellement et observe
- cadre symbolique et fictif : préhistoire, civilisation primitive. C’est un cadre fictif car le langage est moderne, parfois très familier = le cadre est un prétexte, le réel sujet du livre est de délivrer un message sur notre époque en se servant de la préhistoire

2. Un débat argumenté autour du progrès
- discussion très vive mise en valeur par la ponctuation « ! » et « ? » et le glissement du niveau de langue = on passe au familier
- objet du débat : le feu. L’enjeu est tel qu’il n’est même pas nommé : « ça », « cette chose-là », « truc ». Il n’est nommé que ligne 30 = le feu fait tellement horreur à Vania qu’il ne le nomme pas. Il le déclare « pervers » (contraire à la morale) et « dénaturé » (contraire à la nature). Ceci est renforcé par les superlatifs.
- arguments de Vania : destruction de la forêt, feu non maîtrisé et dangereux.
- réponse d’Edouard : possibilités qu’ouvre le feu = permet à l’homme d’évoluer. Mis en valeur par les termes positifs employés et l’enthousiasme du perso

II. Des personnages caractéristiques de l’apologue
1. Vania, un perso réactionnaire et conservateur
- autorité qu’il tente d’imposer à Edouard : interrogatives, exclamatives, impératif, locutions adverbiales, ton infantilisant. Il se place comme un père et non comme un frère + pronoms « je », « moi », « tu » = il s’affirme, il est déterminé et autoritaire.
- égocentrique : « cela concerne tout le monde, cela me concerne moi » = passage de tout le monde à lui-même = son autorité est contrebalancée par son égocentrisme. Même procédé pour « toute la forêt…qu’est-ce que je deviendrais ? » = il part de la généralité et ramène tout à lui, son refus de progrès est dû à sa propre peur.
- il pose plusieurs fois la question de la maîtrise du feu en la tournant avec des termes différents : ceci montre sa peur du feu + questions négatives qui ont pour but de l’éteindre + il est incapable de prononcer le nom du feu.
- dégradation de son langage montre sa panique. L’issue du débat est son départ final « adieu » = refus catégorique d’accompagner la horde vers l’évolution.

2. Edouard, le visionnaire
- personnage calme et mesuré : phrases déclaratives, il ne s’emporte pas. Il tente de calmer et de rassurer Vania. Réponses nuancées pour ne pas lui avouer les risques qu’il prend. Il s’efforce de rassurer son frère par des formules évasives.
- il détourne le sujet en parlant de généralités et sans utiliser le « je »
- tentative de persuader Vania au début en le ramenant à ce qu’il fait lui-même = Edouard a du recul et ne perd jamais le contrôle de la situation
- passion pour la cause du progrès qui s’oppose à l’égocentrisme de Vania. Il parle avec exaltation et emploie des termes mélioratifs : « fascinant », « absolument fascinant », « possibilités prodigieuses », « pharamineux » = gradation positive + clarté d’expression révélant son enthousiasme.
- tableau classique du savant passant tout son temps à ses inventions : « temps fou », « nuits humides » = il ne dort pas la nuit, dans le froid
- anticipation : il est visionnaire : « possibilités prodigieuses » et « ne serait-ce que le chauffage » montre que le chauffage n’est qu’un seul élément parmi l’infinité des possibilités qu’offre le feu : « tellement d’autres choses ! »

III. Les enseignements de l’auteur sur le progrès
1. La critique de la peur du progrès
- il s’agit d’une peur ridicule : attitude de Vania. Il personnifie le feu « mourir », « fantaisie », « vie », et l’animalise « nous mangera tous » = tous ces termes sont inappropriés. Il est incapable de comprendre le feu, d’appréhender sa nouveauté. L’auteur critique ce manque de courage.
- description comique de Vania : « dansait », « sautillait sur un seul pied », « rugit » (animalisation). L’auteur critique ceux qui paniquent devant la nouveauté en ridiculisant Vania.
- une peur à dépasser : les objections de Vania son justifiées, mais le fait de ne pas combattre les craintes est critiqué. Il faut avoir conscience des problèmes d’une découverte et trouver les solutions pour les dépasser.

2. La nécessité du progrès
- difficultés inévitables : le contrôle, la maîtrise de toute découverte. « crois », « plus ou moins », « tu l’as ou tu ne l’as pas » pose le problème du principe de précaution.
- le temps nécessaire d’observation, d’étude : « étude sérieuse », temps d’analyse, d’expérimentation.
- progrès nécessaire pour l’évolution : pour Edouard, le feu est une étape. Le progrès, c’est de transformer ce que la nature nous donne.
- « le seuil » est l’étape d’appropriation par l’homme des lois de la nature. Le « pas décisif » est le passage de l’inné à l’acquis, l’usage de la créativité. Le feu est « un seuil » si on en a peur, il deviendra « le seuil » si la horde parvient à l’utiliser.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:32

Rabelais
Pantagruel
« Lettre de Gargantua à Pantagruel »


I. Une lettre
1. Indices caractéristiques
- le cadre : lieu fictif (« utopie ») + date
- souscription : formule de politesse sous forme de bénédiction + signature renseignant sur le lien entre Pantagruel et Gargantua
- épistolier : il cite « mon fils » dès la 1ère ligne insiste sur cette filiation
- destinataire : vit à Paris avec son précepteur

2. La personnalité de Gargantua
- un père ferme et autoritaire : « j’entends et je veux » = père impliqué par le « je » et les verbes de volonté (« je veux » à plusieurs occurrences) : ils est très présent. Le « tu » récurrent exprime le souci de G d »impliquer P (« tu », « toi », adj possessifs). Bcp d’impératifs et de formules impératives « il faut » = personnage autoritaire
- un père aimant : à l’époque, les pères ne s’occupent pas de l’éducation de leurs enfants, ils sont durs avec leurs fils. Pourtant, G est affectueux : rappel des liens filiaux, deux bénédictions (pour un homme aussi pieu que Rabelais, c’est très important) + on apprend qu’il l’a éduqué dès 5-6 ans. Il souhaite le meilleur pour son fils/

II. Un programme de formation très complet
1. Un programme d’études
- domaine intellectuel, savoir encyclopédique :
- Langues : mise à l’honneur du grec et du latin : elles sont placées en premier et illustrées par des auteurs. De plus, certaines langues énoncées ont un alphabet différent.
- Histoire et géographie
- Arts libéraux : maths et musique
- Droit civil (touche à la société) souligné par « caches par cœur » et « beaux textes »
- Sciences : étendue du savoir scientifique mis en valeur par les nombreuses énumérations : les trois règnes : minéral, végétal, animal + anaphore de « tous (tes) les »
- Connaissance de l’homme : ceci tient à cœur à Rabelais, qui était médecin : chirurgie. La connaissance de l’homme passe par la théorie « livres » et part la pratique « anatomies »
- Entraînement physique : peu de lignes dessus, la formation intellectuelle est plus importante

2. La formation morale
- formation spirituelle : Engagement personnel de Rabelais (il était moine) = passe par la connaissance des textes sacrés, mise en valeur par « quelques heures par jour »
- respect et crainte de Dieu : mis en valeur par le rythme ternaire et par le champ lex de la communion avec Dieu (soulignée par l’allitération en [t] qui marque l’importance). Communion avec Dieu et refus du péché, avec des formules bibliques « ton prochain », « de tout ton cœur »
- le souci d’autrui (conséquence de la foi) : « les aime comme toi-même » + idéal chevaleresque médiéval : « défendre ma maison et nos amis secourir » : Chiasme.
= ce programme de formation veut former l’homme dans sa globalité.

III. Une réflexion sur l’éducation eu service de la sagesse humaniste
1. Une éducation idéale
- imitation des modèles antiques, mis en valeur par de nombreux noms cités
- différents modes d’apprentissage :
- la mémorisation est très importante : Rabelais s’appuie sur le modèle médiéval. Chp lex récurrent de l’apprentissage.
- Observation : « curieusement » = la connaissance de l’homme et de la nature passe par l’observation
- Expérimentation : il doit éprouver ses connaissances, se confronter à autrui pour pouvoir évoluer.
- confiance infinie en les possibilités de l’homme : « abîme de science » = humanisme
= éducation en continuité avec l’éducation médiévale, mais la modernisant.

2. Pour un homme sage et accompli
- morale et savoir sont indispensables : l.1 « emploies ta jeunesse… étude et en vertus » = il faut atteindre les deux. Les 25 premières lignes sont sur la savoir et l.26, connecteur logique l.26 montrant le lien de cause à effet entre le savoir et les valeurs morales + « mais parce que » = nécessité de savoir utiliser le savoir au service de la morale, du Bien
- « sapience n’entre point en âme malivole et science sans conscience n’est que ruine de l’âme » = nécessité de réfléchir avec morale à toute découverte intellectuelle
- sagesse : allitération en [s] avec l’allusion à Salomon et la double maxime avec présents de vérité générale = le savoir doit être guidé par le but de servir autrui.
- illustration par l’exemple de Gargantua.

Conclusion :
- Gargantua incarne la sagesse humaniste, par la transmission des valeurs à son fils :
- Souci de faire de Pantagruel un homme complet
- Sagesse et piété religieuse
- Sérénité face à la mort
= cette lettre est le manifeste de l’humanisme = Recherche de la sagesse par les textes antiques, importance de l’éducation, confiance en l’homme, valeurs morales.
- Ouverture : abbaye de Thélème, où l’on retrouve également les valeurs humanistes.



Rabelais
Gargantua
« Comment étaient réglés les Thélémites
et leur manière de vivre »


I. Le fonctionnement de cette nouvelle abbaye
1. Un anti-couvent
- les activités : chp lex de la vie quotidienne sous forme d’énumération + écoute de son corps et de ses besoins, contrairement aux monastères catholiques
- chp lex du plaisir : activités divertissantes et agréables (pour l’époque), ceci diffère des couvents traditionnels.
- verbe prier n’est pas mentionné, aucune activités religieuses
- pas d’autorité supérieure (père abbé ou mère supérieure)
- pas d’obligation, renforcée par les négations (« ni », « nul », « non ») = le texte ouvre sur la liberté
- absence des vœux traditionnels : chasteté (puisque cohabitation des hommes et des femmes et ouverture sur le mariage), obéissance (« fais ce que voudras »), pauvreté (chasse, vêtements).
= cette abbaye ne respecte pas les règles des couvents

2. Un principe : la liberté
- devise sous forme d’impératif : invitation à profiter de cette liberté, mise en valeur par la mise en page
- « vouloir et franc arbitre » : formule redondante = insistance
- « parce que » = justification de la devise
- chp lex de la liberté : « libères » opposé au chp lex de la contrainte (« joug de servitude ») afin de mieux le mettre en valeur
- la liberté associée à la vie quotidienne : l’homme est capable de gérer son quotidien = confiance


II. Les thélémites : des honnêtes hommes
1. Les qualités des thélémites
- « par cette liberté » : qualités sont la conséquence de la devise et de son application
- domaines variés : ils sont complets et équilibrés :
• instruction intellectuelle (mise en valeur par l’adverbe « tant noblement »)
• artistique (« chanter », « jouer d’un instrument harmonieux », « composer »)
• poétique (« oraisons solues »)
• travaux d’aiguille (considérés ici comme un art)
• art du combat (mis en valeur par anaphores de « tant », rythme ternaire, allitérations en [m])
• art du vêtement (anaphore de « tant » et beaucoup d’adjectifs)
• art de la chasse (l’énumération des noms d’oiseaux suggère qu’ils sont connaisseurs).
-femmes associées aux hommes : elles sont égales, et aussi parfaites que les hommes. Les qualités sont également partagées entre les deux sexes :
• « jamais ne furent vus chevaliers…jamais ne furent vues dames » = formule qui les associe et les égalise.
• Les anaphores de « tant » sont présentes chez les hommes et chez les femmes = aucun ne domine l’autre.


2. Une vie en communauté réussie
- la fraternité, souci d’autrui :
• « louable émulation » prouve que leur but est de satisfaire les autres, de faire plaisir à chacun
• 3 exemples illustrent ceci avec anaphores en « si »
• impératifs, et un imparfait reprenant le même verbe que l’impératif = on passe du souhait d’un seul à la réalisation de tous
- la galanterie et le mariage :
• chp lex courtoisie « galants »
• mariage = conséquence heureuse de la vie à Thélème, belle vie à l’abbaye = mariage heureux
• mariage par consentement mutuel : « il emmenait une des dames, laquelle l’aurait pris pour son dévôt »
• chp lex amour
• imparfait pour signifier la durée du mariage


III.L’idéal humaniste
1. Une utopie généreuse mais irréalisable
- l’abbaye, moins une péripétie de roman, qu’une réflexion : imparfait de description, plus de personnages et seulement des généralités
- structure argumentative :
• l.1-11 = thèse, devise
• l.12-18 = arguments « pat cette liberté », « par cette raison »
- un rêve restreint à une élite intellectuelle : « bien instruits » (exceptionnel pour l’époque, peu de gens étaient instruits), « bien nés » = se sont des nobles, et fortunés (chasse, vêtements) = groupe limité et non représentatif
- perspective autarcique : « conversant en compagnie honnête » fermées du monde extérieur
= il s’agit donc d’une société idéalisée :
• bonheur épicurien : plaisir de la vie quotidienne, ils n’ont ni efforts ni souffrances
• idéal conjugal proche des contes de fées

2. Une utopie porteuse des conviction humanistes
- l’éducation :
• programme complet d’instruction intellectuelle et physique : « mens sana in corpore sano » (Sénèque)
• influence médiévale avec combat et chevalerie
• programme qui rejette la contrainte
- les valeurs morales :
• confiance exceptionnelle en la nature humaine : affirme l’homme naturellement bon
• capacité de l’homme à gérer la liberté, à distinguer le bien du mal
• capacité à recevoir une formation complète
• capacité à vivre avec autrui en bonne harmonie et à rendre heureux sa famille
= domaine intellectuel, physique, moral, relationnel = homme pris dans sa globalité.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:33

Montaigne
Les Essais
« Contre le Colonialisme »



I. Les caractéristiques du nouveau monde
1. Les éléments donnés
- découverte inattendue et mystérieuse « trouver », « démons », « sybilles » + réflexion sur d’autres mondes possibles
- grandeur, immensité : « grand », « membru » + adj mis en valeur par la négation « non moins »
- nouveauté, « jeunesse » : il est assimilé à un enfant et le personnifie « enfant », « giron », « mère nourrice »
- éducation de cet enfant avec chp lex de l’instruction nié et champ lex de l’ignorance. Longue énumération de ce que cet enfant ne sait pas, avec l’anaphore de « ni »

2. qualités
- domaine intellectuel : « clarté d’esprit », « pertinence » : il met en valeur ceci en disant que ce n’est pas sa propre idée les « négociations » en «témoignent » = c’est une expérience, dc qualité prouvée
- domaine artistique, architecture : « épouvantable magnificence » (mise en valeur par la longueur des mots), « excellemment formés en or », « beauté de leurs ouvrages »
- chp lex beauté mis en valeurs par les pluriels et les énumérations et les anaphores de « en »
- vie quotidienne : il vante la nature par des pluriels, des énumérations avec anaphores en « tous ». Domaine artistique et domaine quotidien très liés = il s’agit d’une nature luxuriante et abondante
- domaine moral : une longue énumération de qualités en rapport avec la religion et la société : ces qualités sont favorables à la fie en communauté (mise en valeur par l’homéotéleute en [té])
= ces qualités apparaissent comme être la conséquence de suivre les lois de la nature

II. Relations entre le nouveau et l’ancien monde
1. Deux frères, un aîné et un cadet
- « frères » apparaît dès la 1ère phrase : grd fère est responsable du petit, dépendance
- notion de succession, apogée et déclin : Montaigne personnifie l’ancien monde en l’associant à une personne âgée « paralysie », « perclus ». Il annonce le déclin de l’ancien monde et la future apogée du nouveau monde ( mis en valeur par le futur de certitude, dc inéluctable) « entre en lumière », « en vigueur » = jeunesse, épanouissement.

2. Un dominant et un dominé
- comparaison de l’ancien monde avec un enseignant et réflexion sur la position de l’enseignant par rapport à l’enseigné.
- La relation des deux mondes est faussée : l’ancien use de la violence « fouetté », « soumis à la discipline », et use de la manipulation par la fascination « subjugué »
- transmission des fausses valeurs l.21 « contagion », « sommes servis », « plier ». Le nouveau monde apparaît comme victime et ouvre la dénonciation de Montaigne
III. Les convictions d’un humaniste
1. Soutien et admiration pour le nouveau monde
- présence et engagement de l’auteur :
• Il est présent avec le « je ». Ce « je » est discret, il apparaît avec « bien crains-je ». Il est accompagné de comparaisons toujours en faveur du nouveau monde, sous forme de litotes
• Superlatifs : « la plus riche et belle partie du monde »
• « nous »/ « notre » « nos » : désigne Montaigne, le lecteur, les européens. Invitation à la réflexion (question rhétorique l.22 et exclamative l.24) = désir de Montaigne d’entraîner le lecteur à partager son analyse

2. Dénonciation de l’attitude des européens
- dénonciations morales : exploitation de l’innocence des amérindiens « ignorance », « inexpérience » + effets de cette exploitation : « perdus », « vendus », « trahis » (rythme ternaire et énumération)
- corruption et incitation au mal :
• « trahison, luxure, avarice », « inhumanité », « cruauté » = tout d’abord rythme ternaire puis chp lex du vice.
• Ceci s’élargit avec « toutes sorte » placé devant « inhumanité » et « cruauté » (homéotéleute en [té]) = sous entend qu’il n’y a pas de limites aux horreurs
- anéantissement d’une civilisation :
• chp lex destruc°
• l.22-23-24, longue phrase avec élargissement, rythme ternaire et assonance en [é] + images visuelles frappantes sonnant l’impression qu’il ne reste rien du nouveau monde, renforcé par l’anaphore de « tant de »
• dernière ligne du texte : « si horrible hostilités et calamités si misérables » = chiasme et jeu de sonorité : horrible, hostilité, calamité, misérable
+ ces images destructrices sont renforcées par leur opposition avec le tableau élogieux du nouveau monde.
- on pourrait à la limite justifier le génocide si les Amérindiens avaient été cruels et avaient attaqué les Européens, mais ce n’est pas le cas = le génocide est injustifiable
- motivations d’ordre commercial :
• « mercadence », « trafic », « négociation »
• rythme binaire l.23-24
• opposition entre la valeur du nouveau monde et les considérations matérielles : « perles » et « poivre » = opposition très ironique
• chute de la phrase : « mécaniques victoires » = victoires d’ordre matériel, bassesse
- deuxième motivation du génocide : le pouvoir « ambition », « inimitiés », renforcé par l’anaphore de « jamais » l. 25-26, s’opposant à la destruction totale.


Conclusion :
- Montaigne ouvre une réflexion philosophique su ce que peuvent nous apporter ceux qui sont différents. Ceci ouvre le « mythe du bon sauvage » = admiration pour tous ceux qui suivent les lois de la Nature (droiture, respect d’autrui)
- ceci aboutira à la dénonciation de l’esclavage au XVIIIème siècle
- ne jamais justifier la barbarie


Montaigne
Les Essais
« Il n’y a que des fols certains et résolus »



I. Des conseils sur l’éducation
1. thème dominant : l’éducation des enfants
- situation d’énonciation : 2 pronoms personnels : « il »= précepteur (celui qui agit), et « le », « lui » = l’élève, celui qui reçoit
- l.14, l’élève commence à être désigné par « il » = il devient acteur et agit lui aussi
- l’auteur n’est presque pas présent dans ce texte, il est seulement là l. 20 avec « selon moi »
- chp lexicaux :
• la connaissance : élève
• l’acte d’apprendre : enseignant et élève
= ceci insiste sur la position du précepteur par rapport à l’élève et annonce une réflxion sur leur relation.

2. Une série de recommandations
- modes et temps : subjonctif = conseils, présent de vérité génrale = analyse, futur = conséquence de la méthode d’éducation.
- alternance d’idées et d’exemples
- exemples appartenant à la vie quotidienne (digestion et végétation) + exemples d’auteurs antiques = ils sont soit cités soit nommés
- structure du texte :
• généralités : l. 12, l. 15-16, l. 18-20, l.24
• conseils : l.1-5, l.9-11, l.16-18
• exemples : ils s’intercalent
= cette structure est typique d’un texte argumentatif.

II. Rôle du précepteur
1. pédagogie mise en place
- idée fondamentale : l’appropriation des connaissances par l’élèves. Procédés :
• chp lex de l’appropriation « sens et substance » : les mots sont reliés par l’allitération en [s] et l’assonance en [en]
• l4. l’adv « bien pris » et « bien fait sien » = anaphore en bien soulignant l’idée d’une appropriation complète + monosyllabes martelant l’idée
• « embrasse…son propre discours » allitération en [s]
• « il se les sache approprier » allitération en [s]
• adjectifs possessifs tout au long du texte
- cette notion d’appropriation est opposée à celle de la mémorisation :
• Montaigne nie la mémorisation, utilise le connecteur logique « mais » et affirme l’appropriation. C’est une structure revenant souvent.
• L.17 « q’il emboive.. non qu’il apprenne » = cette structure est inversée mais reprend les même idées
- Illustration de l’idée avec l’exemple de la digestion :
• Indigestion : mémorisation, non transformation des aliments et donc des connaissances
• Digestion : appropriation = transformation des aliments et des connaissances

2. Les étapes de l’appropriation
- malgré tout, la mémorisation est nécessaire pour l’appropriation : « viendra d’apprendre ». La mémorisation est une étape : « qu’il ne lui demande pas seulement compte… »
- vérification de la compréhension par l’application. Cette étape est mise en valeur par une redondance.
- soumission au jugement de l’élève
- « il choisira s’il peut » : principe du choix mis en valeur par le futur. Il s’agit de l’aboutissement de l’apprentissage. Le futur de certitude montre qu’il est sûr que l’élève va u arriver = confiance en l’homme.

3. Relation avec l’élève
- relation duelle « il »/ »lui ». Ces deux pronoms sont toujours rapprochés, ce qui suggère une relation de proximité, de confiance, de respect mutuel
- le précepteur doit être un simple intermédiaire entre le savoir et l’élève : présence du précepteur à travers les pronoms des lignes 1 à 14. Après, la présence du précepteur s’efface = l’élève a acquis sa maturité.


III. Les convictions d’un philosophe humaniste
1. L’importance d’une « tête bien faite »
- la nécessité de construire un jugement autonome :
• « former », dernier mot, apparaît comme objectif de l’enseignement
• souligné dans la phrase par le rythme ternaire « institution », « travail », « étude » = résumé de l’acte d’enseigner.
- opposition entre le jugement autonome et le fait de suivre le jugement d’autrui l.15-16 :
• structures parallèles et anaphore en « rien »
• pronom « qui »montrant qu’il s’agit d’une généralité
• illustration avec la citation de Sénèque, qui comporte des allitération en [s]
= celui qui n’a pas sa propre pensée est réduit à néant
- supériorité du jugement personnel sur les auteurs :
• « qu’il oublie hardiment », avec insistance de l’adverbe sur la phrase
• confirmé par présent de v. g. l.18-20
• comparaisons avec Planton, lui-même (Montaigne), et les abeilles
= c’est une vision très haute de l’homme que de penser qu’il peut vivre selon ses propres idées, sans se soumettre aux autres.
- vers un esprit créateur : allusion l.22-23 à travers les termes « transformer », « confondra »
= confiance dans les possibilités de l’homme.

2. Valeur du scepticisme
- mise en doute, remise en question des pratiques médiévales :
• la mémorisation est une étape d’apprentissage, non son aboutissement : procédés de négation devant tous les termes ou expressions qui désignent la mémorisation
• primauté de la pensée antique sur la pensée médiévale : noms, citation en latin pour inciter à apprendre les langues anciennes
- importance du doute afin de se construire une pensée autonome :
• le futur insiste sur le bien fondé du doute
• maxime « il n’y a que fols certains et résolus » : certitude et détermination = folie
• citation en italien : « dubbiar » = douter, est associer à « m’aggrada » = me plait.
= ce texte rompt avec la conception médiévale et affirme l’appropriation des connaissances et le jugement autonome.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:35


Montaigne
Les Essais
« Je ne veux pas qu’on emprisonne ce garçon »



I. Un essai sur l’éducation
1. Une réflexion sur l’éducation
- un auteur très engagé dans la réflexion :
• pronoms : « je », « nous »
• verbes de volonté « je veux », « trouverai bon »
• temps : présent d’énonciation (se rapporte à l’auteur) et de v. g. ( se rapporte aux réflexions)
- thème abordé : l’éducation
• chp lex : contenu « science », « travail », « philosophie » et personnes concernées (enseignant et élève)
• circonstance précise : « ce garçon » = la réflexion est menée par rapport à un enfant en particulier.
• Il élargit ceci en parlant des « petits enfants de France » et des « collèges »

2. Une composition signifiante
- 1er § :
• Négations, termes très péjoratifs
• Critique, anaphore de « je ne veux pas »
• Chp lex très négatif pour qualifier l’école : « furieux maître d’école », « géhenne », « trop indiscrète à l’étude des livres »
• Constats à valeur générale pour élargir le propos, avec des pluriels « petits enfants en France »
- 2ème et 3ème § : affirmations au service de la thèse de l’auteur :
• Présent de vérité générale
• Futur de certitude : confiance en la véracité de sa thèse
• L.20. « je veux » = montre qu’on est dans l’expression de la thèse de Montaigne, dans un essai
• énumérations : l.15-16 et 20-21
= la critique renforce la thèse

II. Les dénonciations et refus de l’auteur en matière d’éducation
1. La dénonciation des institutions scolaire
- travail inadapté qui « corrompt » les enfants :
• durée « 14 ou 15 heures », renforcée par la comparaison avec un « portefaix »
• verbe « abrutir »
• association du « travail » à la « géhenne » = endurance et souffrance
• trois verbes : « emprisonne », « abandonne », corrompre », mis en valeur par les anaphores, l’homéotéleute en [onne] et le rythme ternaire
• « emprisonne » = enfermement physique et intellectuel, isolement
• « abandonne » = solitude, détresse
• « corrompre » = perversion morale. Idée reprise l.11 : « il n’est rien si gentil que les petits enfants en France, mais ils trompent l’espérance et hommes faits on y voit aucune excellence » = ils sont naturellement bons et sont avilis par l’école.
• « rien si » s’oppose à « tromper l’espérance » et « aucune excellence » = renforce la critique
• termes tels que « à la vérité », « ordinairement » renforcent
- mauvaises fréquentations dans les collèges : « incivilité », « barbarie d’autrui » = dénonciation de la vie en communauté, qui est source de souffrance
- dénonciation des dangers que représente un maître d’école : « furieux », « mélancolique » = il ne se contrôle pas et donne à l’élève une fausse image de la vie

2. Dénonciation des dangers d’un savoir exclusivement livresque
- critique du goût trop prononcé pour les livres
• « complexion solitaire mélancolique » = enfermement intellectuel
• « trop indiscrète » : exagérée
= tout ceci est contraire à l’équilibre de l’enfant
- conséquences néfastes de l’excès de lecture :
• « inepte à la conversation civile » = difficulté à s’intégrer
• « les détourne de meilleures activités » = les enferme au détriment d’autres occupations
• abêtissement : l’exemple de Carné&de vient renforcé cette idée en l’illustrant concrètement. Carnéade a perdu toute idée de l’hygiène = détail de la vie quotidienne montant que la lecture peut rendre inadapté à la vie de tous les jours

III. Les convictions d’un humaniste en matière d’éducation
1. La formation d’un jugement autonome et critique
- la place primordiale de la philosophie
• justification de l’énumération : deux points et « car » = mise en valeur de la philo
• termes très élogieux pour caractériser la philo : « formatrice », « principale leçon », « elle a ce privilège…partout » avec allitération en [p]
- rôle fondamental, elle est formatrice :
• du jugement : intellect, esprit
• mœurs : morale
- condition d’apprentissage :
• formules anaphoriques « toutes »
• assonances en [u] et en [ou]
• conditions matérielles : cabinet, jardin (importance de la nature) , table lit = calme, éloignement, de la société au profit de la nature
• antithèse de « solitude » et « compagnie ». Solitude = réflexion et jugement ; compagnie = conversation intelligente, enrichissement = crée un équilibre, de la diversité
• Alternance des pluriels et des singuliers « une », « toutes », « toutes », « étude » = harmonie






2. Une nécessaire formation générale qui prend en compte l’homme dans sa globalité
- diversité des disciplines enseignées :
• Importance des activités physiques au dernier § : « course », « lutte », « chasse » = les activités sportives s’intercalent entre les autres acticités, leur place dans l’énumération souligne leur importabnce = héritage médiéval, chasse et chevalerie.
• « jeu » : activités ludiques importantes, notion du plaisir nécessaire de l’apprentissage
• activités artistiques présentes
• importance de la sociabilité : « compagnie », « bienséance, « entregent »
- vertus morales :
• disposition dans le texte
• répétition de « âme »
• image de la sculpture « se façonne » = quelque chose de long, doux, progressif
- pour la construction d’un homme accompli, désir de ne pas dissocier l’âme du corps :
• structure anaphorique : « ce n’est pas »
• rythme ternaire « il ne faut pas » = formule impérative
• chp lex de la paire : « deux », « l’un et l’autre », « couple »
• référence à Platon
= pour trouver son épanouissement, l’homme soit former également tout ce qui est en lui : « mens sana in corpore sano » (Sénèque)


Jean Jacques Rousseau
Les Confessions
« Incipit »



I. La présentation du projet autobiographique
1. Les marques de l’écriture autobiographique
- « je », « moi » etc ; = pronoms possessifs à la première personne, prouvent que le personnage principal est le locuteur
- destinataires : « mes semblables » = les hommes, et « souverain juge » = Dieu
- temps : présent d’énonciation et passé composé + futur = il ne s’agit pas d’un récit mais d’un discours dans lequel l’auteur présente son projet

2. Revendication d’authenticité
- citation et paratexte : « intus et incute », intérieurement et sous la peau = désigne le ressenti de l’écrivain, annonce une certaine profondeur du contenu
- chp lex de la sincérité : « franchise », « toute la vérité », « tel que je fus ». Ces mots sont renforcés par des indéfinis « même », « toute »
- « je n’ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon » = l’anaphore de « rien » insiste sur cette exigence de franchise, ainsi qu le rythme binaire

3. Désir de composer une œuvre unique
- JJR lance un défi dans le temps, aux autres écrivains
- « ne jamais », « ne point » = montre la certitude de l’auteur
- volonté, motivation : « je forme », « je veux », « moi seul » situés tous les toris en début de phrase
- « entreprise » = désigne une action longue, travaillée

II. La personnalité de l’auteur
1. La singularité de l’auteur
- procédé de mise en valeur de l’originalité de sa personne : 24 occurrences de « je » et plusieurs occurrences de « moi » = livre centré sur sa personne
- « je ne suis fait comme aucun », « j’ose croire être fait comme aucun » + On a un élargissement : « aucun de ceux que j’ai vu » à « aucun de ceux qui existent » (répétition « d’aucun ») = il est unique.
- métaphore du « moule » = il est bel et bien unique puisque la nature a brisé ce moule
- expression d’une sensibilité : il affirme l’importance du cœur, ce qui est révolutionnaire pour l’époque. Le courant des lumières = raison, pas sentiments. Rousseau passe par l’affectif pour connaître la nature humaine = c’est unique.



2. Expression d’un sentiment de supériorité
- présentation de lui-même :
• deux adejctifs négatifs
• deux adj positifs, avec gradation dans le mélioratif
• formule anaphorique « quand je l’ai été »
• opposition du négatif et du positif renforce le positif
- JJR mis en exemple, en modèle
• « et cet homme, ce sera moi » = tournure solennelle
• « moi, seul », « je suis autre »
• « voila ce que j’ai fait, ce que je fus » (mis en valeur par « voilà »
- il se met au centre des autres hommes dans la scène du jugement dernier : il apostrophe Dieu directement et le tutoie (on ne le faisait pas à l’époque). Il se place au milieu, à la place de Dieu et lui dit « rassemble autour de moi l’innombrable foule… »

III. Les intention set les limites de cette autobiographie
1. Une volonté de justification
- mis een scène du jugement dernier (Escatologie) : procédé de théâtralisation, faisant référence à l’Apocalypse de Saint Jean
- mise en scène en quatre temps :
• annonce « trompette »
• arrivée de JJR : « je viendrai »
• discours de JJR
• final : on se « rassemble » autour de lui
- solennité : « trompette », « trône », « souverain juge » (=terme effrayant)
-discours solennel de JJR, avec bcp de rythmes ternaires
- présentation de lui-même très solennellement : « je viendrai, ce livre à la main, » = l’ouvrage est placé entre deux virgules, ce qui souligne son importance
- modification du jugement dernier :
• « rassemble autour de moi » : JJR est tout d’abord appelé au jugement dernier puis retourne la situation et se met en droit de juger les autres = le livre de référence n’est plus la Bible mais les Confessions
• « qu’ils écoutent » : incitation à prendre connaissance des Confessions et à découvrir les faiblesses de JJR : « indignité », « misères » = il se rabaisse afin que chacun d’entre eux « découvre alors son cœur » = chacun doit venir se confesser à lui
• chute finale terrible « s’il ose : je fus meilleur que cet homme là » (discours direct)
= JJR s’accuse pour montrer sa supériorité. Tous ses semblables doivent se montrer inférieur à lui. Affirmation de sa supériorité et désir de justifier sa vie et ses actes.

2. Les difficultés de l’écriture
- problème de mémoire :
• « vide », « défaut » = défaillance accentuée
• pb d’écriture « ornement » = rajout, embellissement, mensonge. Il atténue « ornement » en le qualifiant de « quelque » et « indifférent »
• « j’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être » = difficulté d’analyse, doute par rapport à la fiabilité de ce qui est raconté
= ouvre une réflexion sur la difficulté d’écrire une autobiographie.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:35

Jean Jacques Rousseau
Les Confessions
« Le ruban volé »



I. Un récit autobiographique
1. Les marques de l’autobiographie
- pronoms : « je » = JJR 16 ans, héros du récit et « je » = JJR 56 ans, narrateur.
- pronoms désignant Marion : « elle », « la »
- temps du récit : passé simple, imparfait, présent de narration (renvoie au moment de l’écriture), présent de v. g. (renvoie à l’analyse)

2. Un récit complet sous forme de mise en scène
- personnages : JJR et Marion sont les personnages principaux, + groupe des adultes : comte de la Roque, M. et Mme. Lorenzy et les domestiques désignés par « on »
- schéma narratif :
• situation initiale, l.1-5 : circonstances du vol
• élément perturbateur : vol et accusation
• description et présentation de Marion
• Scène du procès : Marion est l’accusée, JJR est le procureur, le comte de la Roque est le juge, et « l’assemblée » : le public
• Situation finale courte, sous forme de chute

II. Deux portraits
1. Marion
- présentation et description :
• Rapide retour en arrière pour dire qui elle est. Statut : cuisinière.
• Elle n’est nommée que par son prénom et on connaît seulement son origine géographique, pas sa famille : milieu très modeste
• Physique : « jolie », « fraîcheur » : elle n’est pas laide mais pas exceptionnelle = comparée à une fillette, un enfant.
• Moral : description élogieuse. Chp lex des qualités mis en valeur par une phrase nominale sous forme d’énumération. Elle est un exemple de droiture morale
-portrait en action :
• « reste interdite », « se tait » : elle est tout d’abord stupéfaite, le présent met en valeur son étonnement d’être accusée
• « nie avec assurance » + chp lex de la maîtrise de soi : elle se défend avec raison, avec calme car elle est sûre de son innocence
• elle cherche à agir sur JJR : mis en valeur par le style direct « je vous croyais… vous me… je ne voudrais » : chiasme. Elle l’appelle à assumer ses actes.
• Chp lex de la douleur lorsqu’elle comprend qu’elle n’est pas de taille à combattre : « se mir à pleurer », « malheureuse »
• Vaincue : « angélique douceur » : incapable de se battre, elle est victime de sa propre innocence.

2. JJR
- lors de la découverte du vol : honte
• avec manifestations physiques : « balbutie », « rougissant »
• trois verbes mis en valeur par le présent de narration et le rythme ternaire
• allitération en [b] et assonance en [i] marquant le trouble de JJR
= faiblesse morale de JJR
- lors du procès :
• la détermination le gagne, il est sûr d’avoir le dessus sur Marion : « effrontément », « ton décidé »
• connotations infernales : « infernale », « audace aussi diabolique », « démons »
• chp lex de la faute morale
• verbes déclaratifs à chaque fois qu’il ment rendent plus importante la gravité du mensonge
• opposition entre Marion, qui tente de lui faire avouer la vérité, et lui qui ne cesse de mentir
• Marion est associée à un ange, lui à un démon = portraits manichéens théâtralisant le « procès »

III. Objectifs du récit : la justification
1. L’aveu d’une faute
- apparente sincérité : verbes d’actions avec le pronom « je », responsabilité clairement assumée l.6-7 : « je dis que c’est Marion » (mise en valeur par le présentatif) = aveu franc et clair
- dramatisation : aveu ressemblant à celui de Phèdre : « je me trouble, je balbutie, je dis en rougissant » (JJR) et « je le vies, je rougis, je pâlis à sa vue » (Phèdre) = Rousseau apparaît comme victime de la fatalité
- mise en scène de procès : vocabulaire juridique « l’assemblée », « charge », « confirme ma déclaration », « coupable », « innocent » = solennité
- présent de narration suggère qu’il revit la scène

2. Atténuation de sa faute
- circonstances du vol : chp lex du désordre « confusion », qui suggère une perte de repères, une déstabilisation renforcée par le présent de v. g.
- l’action du vol est très rapide : phrases courtes et passé simple = absence de préméditation
-- présentation du ruban : « petit », « vieux » = ces deux mots encadrent la présentation du ruban, et atténuent la gravité de la faute en atténuant la valeur de l’objet
- pronom « on » : groupe non identifié de personnages, dramatisant et donnant de l’ampleur à la scène
- pas de personne précise qui aurait géré le problème et aidé JJR à avouer sa faute, pas de prise en charge efficace = JJR n’est donc pas entièrement responsable
- « semblait », « supposer », « paraître », « préjugés » : les adultes manquent d’intérêt, d’investissement, de responsabilité = JJR et Marion sont tous les deux victimes des adultes
- désintérêt du comte de la Roque « il se contenta » de donner le même verdict pour les deux
- conséquences du verdict : JJR a des remords toute sa vie « ne cesse pas un jour » (présent d’énonciation), sous entend une souffrance réelle = JJR est victime du comte de la Roque

Conclusion :
- justification
- dramatisation, JJR victime
- totale subjectivité
- la vérité est à chercher dans ce que ce texte révèle de la personnalité de JJR.


Jean Jacques Rousseau
Les Confessions
« Première rencontre avec Madame de Warens »


I. Un récit autobiographique
1. Le récit d’un souvenir
- indices spatio-temporels précis : « jour des rameaux de l’année 1728 ». JJR n’est pas croyant, mais il a retenu ceci, ce qui signifie que l’événement l’a énormément marqué.
- lieu : « église » : de nombreux éléments descriptifs « passage », « maison, « ruisseau », etc. = à plus de 50 ans, JJR se souvient de tous ces détails. Le présentatif « c’était » accentue encore ceci = dénote l’importance du souvenir
- l’action : trois verbes : je la vois, je l’atteins, je lui parle » = tte l’action du passage est résumée par ces trois verbes
- Mme W : elle « se retourne », « prend en souriant », « elle la lit », puis elle parle et l’invite. Prise de parole aboutit à invitation.
- action peu importante, courte : mais chaque étape est développée pour donner une impression de ralenti = montre l’importance qu’elle revêt pour JJR
= souvenir très net, détails et précisions : souvenir vécu

2. Un récit autobiographique
- pronoms : JJR est le narrateur, auteur et héros : « je ». Il est à la fois le perso de 16 ans et l’auteur de 56 ans, « je » renvoie tantôt au personnage tantôt au narrateur
- temps du présent = analyse = JJR 56 ans analyse la scène

II. Une rencontre, un coup de foudre
1. L’éblouissement de JJR
- raccourci saisissant de la rencontre amoureuse :
• « je cours » : empressement
• coup de foudre symboliquement annoncé par « je la vois, je l’atteins, je lui parle » rythme ternaire
- importance des points de suspension, qui font une pause dans le récit. JJR narrateur est rempli d’émotion. On a la force du coup de foudre pour JJR 16 ans et la force du souvenir pour JJR 56 ans.
- l’émotion est si forte qu’il fait un commentaire du lieu de leur rencontre car il ne peut reprendre tout de suite le récit = digression sur le lieu
- « que devins-je à cette vue ? », « je vois » = souligne que c’est un coup de foudre, importance du regard
- réaction de JJR très vives : « que devins-je », « échappa » = rapidité du sentiment, soudaineté de cet amour
- réactions physiques : « mains tremblantes », « tressaillir »

2. La réaction de Mme de W
- coup de foudre non partagé
- ses réactions vont avec la jeunesse de JJR « eh, mon enfant », « bien jeune »
- séparation immédiate : elle l’envoie chez elle et part à la messe
- femme généreuse, accueillante :
• sens de l’accueil, accumulation des verbes : « prend », « ouvre, » « jette », « renvient » = diligence à secourir et aider autrui
• charité pratique bien adaptée à la situation : « allez chez moi », « dites qu’on vous donne à déjeûner » = elle voit immédiatement ce dont JJR a besoin. Le style direct souligne son sens pratique.

I. Les limites du récit autobiographique : un souvenir idéalisé
1. Importance accordée au lieu
- recours à la généralité, présent de v. g. « quiconque », « salut des hommes »
- associe ce lieu à un lieu de culte où l’on rend hommage
- décalage entre les termes utilisés « salut des hommes » et le vécu de JJR = ceci montre combien il est marqué par cet événement
- les sentiments : lyrisme, émotion surpuissante : « larmes », « baisers » + exclamatives. Sensibilité pré-romantique (on n’est guère loin de Châteaubriand)

2. Une rencontre idéalisée
- efforts de JJR pour montrer qu’ils seront plus tard amants et souligner les réactions similaires de la part des personnages. Mme de W n’est pas amoureuse de lui, mais il tente de faire comprendre que cela ne tardera pas :
• verbes d’action pour les deux
• pour tous les deux on a un déplacement, un arrêt, une prise de parole = la rencontre est parallèle, annonce d’une complicité future.
- JJR se décrit comme un héros de roman d’amour, de tragédie. Référence à Phèdre : « je la vois, je l’atteins, je lui parle » (JJR) et « je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » (Phèdre)
- chp lex du regard, Mme de W « jette un coup d’œil » = tente de faire croire qu’elle l’aime déjà
- un portrait très subjectif de Mme de W :
• chp lex beauté
• adjectifs mélioratifs avec une gradation ils sont de plus en plus longs.
• JJR la revoit elle plus qu’il ne revoit la scène : « gorge enchanteresse » = elle n’était certainement pas en décolleté à l’Eglise. = c’est un souvenir autre qu’il décrit.
• Beauté mise en valeur par le contraste avec celle qu’il attendait « vieille dévote »
• Assimilation de Mme de W à la vierge Marie ; « pétri de grâce » rappelle « je vous salue Marie pleine de grâce » = on peut se permettre cette remarque car Mme de W est très croyante, et que pour JJR elle incarne la religion catholique. + « éblouissant » fait référence à une apparition. Le champ lexical de la religion, le contexte et le lieu = conversion brutale de JJR

Conclusion
La vérité de cet extrait réside dans l’annonce de la passion qu’il éprouvera pour Mme de W.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:36

Jean Paul Sartre
Les mots
« A peine eus-je commencé d’écrire… »


I. Un texte autobiographique
1. Les marques de l’écriture autobiographique
- pronoms : « je », « me ». « je » est sujet, « me », est complément = l’auteur est à la fois sujet et objet de ce texte
- temps :
• l.22 « sept et huit ans » : souvenir d’enfance
• tps du récit : passé simple, passé antérieur, imparfait, plus que parfait = récit de souvenir
• temps du discours correspondent au moment de l’écriture : présent de v. g. et passé composé.
= va et vient entre les souvenirs et les réflexions au moment de l’écriture.

2. L’écriture : thème du souvenir d’enfance
- champ lex écriture :
• matériel : « plume », « cahier », « bouteille d’encre violette »
• acte d’écrire : verbes d’action « écrire », « inscrivis », « intitulais », « j’avais emprunté », « traçait une ligne », « retouchais »
• contenu : « lion », « capitaine du second Empire », « bédouin », « le savant », « sa fille »…
= presque tous les mots sont à propos de l’écriture, et cette écriture est celle d’un enfant

II. Réflexion sur l’acte d’écrire
1. Ecrire, c’est donner vie
- les mots : « traducteurs de la réalité », « quintessence » = pouvoir de l’écriture de faire exister ce qui est nommé
- « pattes de mouches », « consistance de la matière » : écrire quelque chose c’est lui donner vie, le faire exister
- « feux follets » : idée de mouvement, de vie qui se propage, connotation magique des mots
- sentiments : « jubiler », « troublait », (« rien ne me troublait plus que ») = action des mots sur l’auteur

2. Ecrire, c’est donner forme à son imaginaire, à ses rêves
- importance de l’imaginaire : montrée par sa position dans la phrase l 4
- « je crus avoir ancré mes rêves »
- exemples : « lion », « capitaine du IInd empire », « Bédouin ». énumération d’exemples dépaysants lointains, montrant la richesse de l’imaginaire, qui permet de voyager loin du quotidien.
- métaphore « s’introduisaient» = foisonnement de l’imaginaire
- imaginaire : univers romanesque dans la salle à manger, « y » = complètement de lieu, « incorporés », « captifs », renforcés par « à jamais » = passage de l’imaginaire à la mise en forme
- 2ème exemple : « pour un papillon » : un cadre (l’Amazone), et un début d’action, ainsi qu’un but (le papillon) montre que l’histoire est déjà faite, alors que dans les premiers exemples elle n’est pas construite.


3. Ecrire, c’est aussi mettre fin au foisonnement de son imaginaire
- passage de la lumière à l’ombre : « feux follets » et « terne consistance »
- chp lex de l’enfermement « incorporés », « captifs », « à jamais »
= passage de l’imaginaire au papier.

III. Une réflexion sur la création romanesque
1. La question de l’inspiration
- difficulté de trouver de l’inspiration montrée par la présence ironique du contenu du premier livre de Sartre :
• Titre
• Clichés : amour, péripéties prévisibles
• Termes : « jeune », « athlétique », « quête », « papillon » = Sartre se moque
- difficulté pour un auteur de trouver une idée intéressante et originale
- remise en cause de la notion d’inspiration dans la dernière phrase :
• Référence au « vates » (auteur inspiré, en grec)
• « autre que soi » = « je est un autre » Rimbaud
• Ironie : « comme on croit communément » (allitération en [c], en [m], et assonance en [o]
• Age : « entre 7 et 8 ans » confirme cette ironie
= pour Sartre, l’inspiration n’est pas quelque chose d’extérieur, entre 7 et 8 ans il plagiait et c’était l’inspiration. Pour lui, elle n’est pas extérieure mais intérieure, par le travail.

2. La question de la vérité romanesque
- critique de la réécriture romanesque
- termes très péjoratifs : « plagiat » et « copiste » pour désigner la réécriture. Sartre énumère également tout ce qu’il a plagié.
- l.12-13 montre que le réécriveur n’a aucun scrupule, ce que Sartre dénonce
- réduction extrême de la création : « changé le nom des personnages » ironisé par « auteur original », s’opposant à « retouchais », « rajeunissais » (+ jeu de sonorités)
- opposition entre « mémoire » et « imagination » : réécriture associée à « mémoire » = on se contente de réciter « neuves et toutes écrites » (= antithèse et chiasme)
- « tout était forcément vrai puisque je n’inventais rien » = vérité s’oppose à imagination
= à partir du moment où il y a créativité, il y a transformation de la réalité. Puisque l’enfant prend un modèle, il n’invente rien et n’est pas inédit.


Conclusion :
A travers le récit des expériences créatives d’un enfant de sept ans, on assiste à une réflexion sur l’écriture et sur la création. L’autobiographie est destinée à montrer les idées de l’auteur vis-à-vis de l’écriture romanesque. Elle est un prétexte. A travers les mots, il recherche une écriture de lui inédite.

Nathalie Sarraute
Enfance
« Les mots de chez moi…»


I. Un texte autobiographique
1. Les marques de l’autobiographie
- les pronoms : 20 occurrences de « je », 8 de « me » et 5 et « moi »
- les temps : présent. Il est présent au présent de narration et analyse de l’auteur au présent d’énonciation et au présent de v. g.

2. Le thème de l’écriture
- travail de l’écrivain « mots », « disposés », « écrire », « romans »
- contenu, les personnages : « pâle jeune homme aux boucles blondes », « princesse géorgienne », « djiguite », « vieille sorcière »
- actions : « tousse », « enlevée », « prédit »
- cadre : « gorges », « défilés »
= contenu d’un univers romanesque, récit d’une expérience d’écrivain

II. La mise en scène de l’univers romanesque
1. Rôle des mots
- importance : récurrence du terme, et personnification « gens », « étrangers »
- lien de familiarité entre les narratrice et les mots : montre qu’elle maîtrise le langage, goût pour l’écriture, aisance. Mais en même temps, elle énonce la difficulté à choisir les bons mots, à utiliser le langage pour traduire ses idées.
- trois qualificatifs : « air gauche, emprunté, un peu ridicule » (rythme ternaire)
- analogie « ils n’ont pas appris, ils ne savent pas, ils ne savent plus » (parallélisme, formules anaphoriques, rythme ternaire, chp lex de l’ignorance pour désigner la difficulté de l’écriture, de la transposition sur le papier).

2. Les personnages créés
- caractéristique principale : ils sont traditionnels (Sarraute est russe)
- univers de conte : « princesse », « djiguite », « sorcière » + détails descriptifs typés : « doigts crochus », « mèches grises pendantes », « taille de guêpe », « cheveux noirs », « velours rouge », « long voile blanc » = tradition et folklore russe. Il s’agit de son univers d’enfant
- clichés :
• princesse enlevée sur un « coursier fougueux » par un combattant.
• On pressent les péripéties, les embuscades dans les gorges.
• « ils murmurent des serments d’amour », « elle se serre contre lui »
• pathétique du jeune homme en train de mourir
- relation de la narratrice avec eux :
• « lisses, rigides, glacés » : assonance en [i], lettre de la difficulté et de l’angoisse.
• Verbes : « je ne me sens pas très bien », « ils m’intimident », « je ne le connais pas du tout », « je n’ai jamais été proche » = éloignement, méconnaissance
= complexité de la création romanesque

III. Une réflexion sur la création romanesque
1. Le difficile passage des personnages aux mots
- univers romanesque : lieu « accueillir », « ici » désigne « un roman » puis « mon roman ».
- participation de la narratrice : « je suis comme eux », « j’erre dans des lieux », « je reste ici avec eux » ) = métaphore de l’activité intellectuelle qui accompagne l’écriture d’un roman
- difficultés :
• Ignorance : elle ne sait pas ce qu’elle va faire « je n’ai jamais habité » etc. avec adverbes catégoriques insistant sur cette difficulté
• Efforts : « je m’efforce », « je dois » « je me tends » « j’ai beau essayer » = l’écriture n’est ni naturelle ni facile
• Evolution de l’idée : « de m’approcher, de les tâter, de les manier » : rythme ternaire et homéotéleute, métaphore de la sculpture montre qu’elle façonne son roman, le travaille, le retouche = recherche du mot juste
• Impression d’échec : « mais », « impuissance », « rien », « toujours ». Parallélisme entre « rigides, lisses, glacés » et « glissantes, miroitent, scintillent » (sonorités voisines et rythme ternaire) = elle n’est arrivée à rien, malgré tout son travail. La première série de termes a deux syllabes et la seconde 3 syllabes, comme si la difficulté avait augmenté. Métaphore de la glace.

2. La magie de la création
- univers romanesque : « pas de limites, pas de frontières » = impression de dépaysement, de liberté
- toute puissance de l’écrivain sur ses personnages : elle décide de la mort « in ne pourra pas survivre », et de l’amour « c’est cela qu’il leur faut » (mise en valeur par le présentatif et le verbe falloir à la valeur impérative)
- ponctuation : points de suspension récurrents, extrêmement présents dans ce texte, marquent le foisonnement de l’imaginaire et insistent sur la liberté de l’écrivain dans l’acte créatif
- pouvoir des mots : « coursier fougueux ». Le terme fougueux est entre guillemets, montrant qu’elle cherche à faire exister le coursier grâce à l’adjectif. Le chois du mot encadré par les points de suspension suggère toute la réflexion afin de trouver le mot juste = décomposition de l’acte d’écrire.
- connotation de magie/
• liée à l’action des mots, elle fait miroiter et scintiller les personnages, les ensorcèlent… on est dans un univers de rêve, de mystère.
• L’écrivain est également envoûtée, elle apparaît comme prisonnière de son texte, avec chp lex enfermement + rythme ternaire l.26 avec homéotéleute
• Chp lex de la magie s’opposant avec la voix apparaissant à la fin du texte « avant de se mettre à écrire un roman, il faut apprendre l’orthographe » = considérations matérielles, contraste insistant sur l’intensité du ressenti d’un artiste.

Conclusion :
L’autobiographie est un prétexte à l’analyse et à la réflexion sur l’acte créatif qui accompagne l’écriture d’un roman.
Même intensité du ressenti que chez Sartre, mais celui de Sarraute est plus métaphorique, plus poétique, alors que Sartre est ironique.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:37

Madame de Sévigné
Lettres
« Le Roi se mêle depuis peu de faire des vers »


I. Un récit dans une lettre
1. Une lettre aux objectifs clairement définis
- cadre : Paris, 1er décembre 1664, début du règne de Louis XIV
- émetteur et destinataire réels : Mme de Sévigné au marquis de Pomponne. Il n’est nommé qu’en en-tête, et est repris dans le texte à travers le pronom « vous » n’apparaissant qu’une seule fois. = l’intérêt de la lettre n’est pas centré sur le destinataire
- « je » apparaît peu : elle n’est pas non plus le sujet de cette lettre. Présent d’énonciation = temps de l’écriture, temps peu présent.
- objectifs de la lettre : dire la vérité « très vraie » et faire sourire « divertira ». Elle souhaite faire partager une anecdote afin d’amuser le destinataire de cette lettre. Pour nous, cette « historiette » a une valeur historique.

2. Un récit vivant
- éléments : personnages : « le Roi » et « le maréchal de Gramont ». Autour d’eux, « la cour » et Mme de Sévigné.
- action : verbes au passé simple : « il fit », « il dit », « se mit à rire » etc. Présence du dialogue, de l’échange, entre le roi et le maréchal de Gramont.
- schéma narratif de fable :
• Situation initiale l.2-3
• Elément perturbateur l.4 avec le madrigal
• Péripéties = dialogues
• Elément de résolution : « c’est moi qui l’ait fait »
• Situation finale : réaction des persos (roi et cour)


II. La mise en scène des deux personnages
1. Le Roi
- il est à l’origine de l’anecdote, par son goût récent pour la poésie : « se mêle », « depuis peu » = mention de ceux qui l’instruivent insiste sur son ignorance en la matière
- autorité, toute-puissance :
• Il accomplit les verbes d’action, il mène le dialogue
• Il conclut brutalement la scène par un « non » catégorique
- il se joue de son entourage :
• Cache le nom de l’auteur du madrigal « petit », « de toute les façons » = fait passer le poème pour anodin et mauvais
• Oriente les réponses du maréchal : « impertienent » = Gramont ira donc dans le sens de la critique
• Montre sa supériorité avec mépris : « c’est moi qui l’ai fait » (usage de monosyllabes martelant la phrase)
• Il n’utilise pas le nous de majesté et met ainsi en valeur sa personne

2. Le personnage dominé : le maréchal de Gramont
- appuie les jugement du roi : il amplifie les termes. « si impertinent » devient « le plus sot et le plus ridicule » (avec superlatifs) = démarche du courtisan, être d’accord avec le roi et le flatter
- « bien fat » : « il n’y a pas moyen de lui donner un autre nom ! » = absence de jugement
- flatterie : « juge divinement bien de toutes choses » termes hyperboliques = courtisan. Il commence sa réponse par cette phrase = son premier réflexe est de flatter, il ne donne son avis qu’après.
- se rétracte, n’assume pas son opinion : confusion, exclamatives, « trahison », se justifie et cherche des excuses « lu trop brusquement », veut se racheter : « que sa Majesté me le rende »
- faiblesse, manque de confiance et d’assurance


III. Une lettre révélatrice de son auteur
1. Goût pour la réflexion morale et critique de la cour de Louis XIV
- implication dans le récit, réflexions, analyses au présent de vérité générale
- « vérité, « très vraie » « vérité » = désir d’authenticité
- dénonciation de la flatterie : opposition entre le roi et « tout le monde » :
• Jugement de la cour : « plus cruelle petite chose » = la cour se solidarise autour de Gramont, car ils sont tous des courtisans
• Paradoxe entre « plus cruelle » et « petite chose » (allitération en [p]) = ceci montre que pour la cour, le roi s’avère cruel dans le moindres détails
• Adj « vieux » sous entend une certaine amitié de la cour pour Gramont
- l.16 « jamais la vérité » : cour dans la flatterie et le mensonge vis-à-vis du roi, dans l’hypocrisie totale
- position de l’épistolière vis-à-vis de Louis XIV :
• à chacune de ses paroles, le roi émet des jugements et analyse. Il est observateur : « petit », « impertinent » « fat », « bonnement, « plus naturels » = autonomie de la pensée du roi, nuancée par des adverbes
• présent de v. g. montre qu’il a une certaine connaissance de la nature humaine
• indépendance du roi vis-à-vis du jugement de la cour, recul par rapport aux courtisans : « fort rit de cette folie » (assonance et allitérations suggèrent l’amusement du roi)
- l’épistolière a des attentes au sujet du roi : réflexions = elle voudrait qu’il en « fit » plus et qu’il « jugea » = elle a confiance en ses capacités d’analyse. Elle souhaiterai qu’il ne se contente pas de s’amuser de l’anecdote maos qu’il réfléchisse « je voudrais » = conditionnel exprime le souhait. Attente positive = elle sait qu’il peut faire mieux.

2. Son intérêt pour l’écriture
- goût pour le récit : 1er terme de la lettre « il faut » : elle a terriblement envie de raconter à autrui ce qu’elle a vécu
- art de mettre en valeur une anecdote : rend la scène vivante par le discours direct = on a l’impression d’y assister. = rare dans une lettre d’intégrer un dialogue entre 2 persos autre que l’auteur = désir de raconter
- « petite historiette » : redondant. Suffixe + adjectif montrent que c’est un récit de faible importance, contraste avec la réflexion morale de la fin du texte = récit anodin bascule dans la réflexion morale.
- malgré le choix de l’épistolaire, elle rejoint les moralistes de son temps


Conclusion
La Fontaine, sous la couverture d’un bestiaire et d’une histoire pour enfants délivre une réflexion morale. Mme de Sévigné passe elle aussi de l’anecdote à la réflexion morale.



Montesquieu
Lettres persanes
« Rica à Rhédi, à Venise »


I. Une lettre
1. Indices caractéristiques
- cadre en pied de page : date, lieu, « Saphar » = connotation exotique
- épistolier et destinataire : « Rica à Rhédi » ) regard étranger sur ce qui va être raconté
- pronoms « je », « tu » : caractéristique de la civilisation persane, on se vouvoie toujours en France, même entre amis
- lettre fictive destinée à être publiée : le « je » et le « tu » disparaissent progressivement : la lettre est un prétexte

2. Le contenu
- un thème central : la mode (chp lex très détaillé). Ce thème est centré sur un peuple, « les Français » = cibles l’étude de la mode, citée dès la 1ère phrase
- expression d’un étonnement à travers cette lettre : « étonnants » (l.1,14)

II. Une critique de la mode
1. Marquée par de constants changements
- chp lex du changement : mis en valeur par le présentatif « ce » devant changement + l.18 « cette nation changeante » et « les Français changent ». Changer est repris en tant que nom, adjectif, verbe… + « avant que tu eusses reçu » devant « tout serait changé » = hypothèse niant toute notion de stabilité
- opposition entre « 6 mois » et « 30 ans » = rupture. Même procédé avec « un temps…dans un autre », « cet été… cet hiver »
-de nombreux exemples contrastés : détails vestimentaires du phénomène de mode : tous ces exemples sont construits sur des contrastes :
• coiffures : « montent » et « descendent » (renforcé par les adverbes « insensiblement » et « tout à coup »)
• « le visage » et « les pieds » = très exagéré, caricature
• « ont voit » (renforcé par « quantité prodigieuse ») et « elles disparaissent »
• « de la taille et des dents ».. « il n’en est pas question »

2. La mode, soumise aux caprices et aux extravagances
- dès la l.1 « caprices de la mode », rappelé par « fantaisies » (l.10), et « révolution » = terme excessif pour désigner un changement de coiffure
- « de hausser, de baisser, d’élargir » : ironie renforcée par énumération et rythme ternaire
- chp lex de l’asservissement : « obligés », « exigeaient », « asservis » = gradation montrant la force des caprices des Françaises
- exemples frappants :
• situation particulière à caractère visuel et exagéré : « antique », « ne reconnaît pas sa mère », « mère ». opposition de « sa mère » avec « quelque Américaine » (« sa » et « quelque »)
• détails vestimentaires : personnification de la coiffure : « montent » et « descendent », et champ lex de la hauteur + « quantité prodigieuse » associé à « mouche »
= manque de goût, excès, ridicule



III. Une double dénonciation de la société française
1. La critique du peuple français
- sa versatilité : « changeante nation » = caractéristique générale, de tout le peuple
- superficialité : « oublié », ignorent » + « combien il en coûte » = première fonction de l’argent est la mode !
- le fils associe l’identité de sa mère à ses vêtements « méconnait » = fils superficiel qui ne juge que sur les apparences
= peuple futile qui ne pense qu’au apparences

2. La dénonciation politique
- dernier § : « façon de vivre… modes » = mise en parallèle + « mœurs… âge du roi » = cette double mise en parallèle montre le réel objectif de ce texte : mettre en relation le comportement d’un peuple et celui de son monarque
- réflexion sur le rôle d’un souverain : un roi influence son peuple (« imprime », « moule », « donner forme ») = métaphore montrant que le peuple suit le modèle du roi. La multiplication des images met en valeur + répétition et énumération aux dernières lignes. La dernière phrase au présent de v.g. est sous forme de maxime et résume l’idée principale du texte.

Conclusion :
- les Français sont frivoles et versatiles
- le roi est responsable de ce comportement
- « âge du roi » désigne à la fois la vieillesse de Louis XIV et la jeunesse de Philippe d’Orléans.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 19 Jan - 11:37

Voltaire
« Lettre à Jean Jacques Rousseau »


I. Une lettre
1. Une lettre réelle
- le cadre : 30 aout 1855. Allusion au château de Ferney, où Voltaire vit
- l’épistolier et le destinataire : ils sont présents tout au long de la lettre par les pronoms « je » et « vous »
-Voltaire exprime des idées et cherche à les faire partager JJR. La lettre les concerne directement.

2. Une réponse
- objectif apparent : lettre de remerciement suivant la réception d’un livre
- une lettre apparemment d’ordre privé : allusion à des éléments personnels de la vie de JJR : santé, « vos amis », et la lettre s’achève sur une invitation
- formule de politesse avec le mot « tendre », sous entendant une amitié apparente
- lettre au contenu philosophique : « genre humain », chp lex de l’homme, « les lettres et les sciences » + allusions historiques et philosophiques + « je suis très philosophiquement… »

II. Une attaque contre JJR
1. Une cordialité feinte
- reconnaissance de la valeur de JJR : « plairez », « ne peut peindre avec des couleurs plus fortes » = compliments en début de phrase. La suite de la phrase en discrédite le début avec des termes négatifs et rabaissants = JJR met tout son talent au service du mal « horreurs »
- « on a jamais employé tant d’esprit à nous rendre bêtes » = influence mauvaise de l’œuvre sur la société
- compliments détournés attaquant directement JJR et son œuvre
- fin du texte reprend les idées de Rousseau (retour à la nature) en rendant les termes de plus en plus ridicules, sous le couvert d’une inquiétude pour la santé de JJR = Voltaire se sert de la politesse pour attaquer. « tendre estime » est ainsi rendu comique puisque situé à la fin de la lettre.
- reproche d’incohérence : JJR critique les lettres alors qu’il est écrivain. Il flatte JJR et le ridiculise avec des exemples brillants : Achille et Malebranche.

2. Des thèses, des livres tournés en dérision
- contenu inacceptable :
• résumé du livre bref et péjoratif : « contre le genre humain ». La critique est d’autant plus forte que le mouvement des Lumières a pour but de défendre les droits de l’homme
• « vous ne les corrigerez pas » = futur = il nie l’objectif même de l’oeuvre
• « ignorance », « faiblesse », associé aux hommes : c’est anti-Lumières
= montre à quel point Voltaire désapprouve JJR
- un contenu inapplicable :
• incapacité à revenir à la nature résumée par la formule très péjorative « marcher à quatre pattes » = ôte toute grandeur au mythe du bon sauvage
• donne un détail d’ordre physique pour justifier cette incapacité « 60 ans » = apparaît comme une régression
• - il ne souhaite pas aller vivre chez les sauvages du Canada à cause de sa santé, car il ne trouvera pas de médecin là-bas (défense du progrès et de l’évolution) et à cause de la guerre = Voltaire démonte et ridiculise la pensée de JJR
• ironie, négation du mythe du bon sauvage et de la vision très négative que JJR porte sur la société
• au-delà de l’attaque, c’est l’occasion pour Voltaire de faire passer ses convictions.


III. Les convictions de Voltaire : une lettre ouverte
1. La défense des arts et des lettres
- les lettres ne sont pas la cause des maux dont sont coupables les hommes : « insatiable cupidité et indomptable orgueil », « ce qui fait et qui fera toujours » (présent de v.g. et futur de certitude + adverbe toujours) = ma nature de l’homme est mauvaise, il n’a pas besoind e la littérature pour faire le mal
- Voltaire appuie sa thèse sur des exemples :
• historiques, littéraires, philosophiques = exemples qui ne prêtent pas à contestation.
• Ces exemples sont choisis à plusieurs époques différents = sa thèse est donc valable en tous temps.
• Tous les exemples sont construits avec la forme négative afin de contester (exemple l.21-22 : rythme ternaire et adj très fort pour le contre exemple + anaphore de « avouez que » = faire reconnaître à JJR ses erreurs et l’humilier.)
- au § 2, Voltaire fait une concession apparente à JJR pour mieux l’attaquer
- « les lettres nourrissent l’âme, la rectifient, la consolent » (rythme ternaire et personnification) = la littérature permet à l’homme de s’épanouir et de se réaliser. Les trois verbes abordent des domaines différents « nourrissent » = intellectuel, « rectifient » = moral, « consolent » = émotionnel = la littérature est bonne pour l’homme dans sa globalité.
- Voltaire confirme cette idée en prenant en exemple JJR lui-même

2. La profession de foi d’un philosophe des lumières
- la critique des injustices :
• Censure « persécuter » (Voltaire a fait de la prison à cause de ses écrits) : renforcé par « en tous temps » et part le présentatif « c’est » devant « moi »
• Inquisition et intolérance religieuse : Galilée « le firent gémir » = souffrance physique et mentale et « soixante et dix ans » = torture inhumaine des personnes âgées + saint Barthélémy + « déistes, athées, jansénistes » (rythme ternaire)
• Critique des injustices sociales
- les convictions de Voltaire :
• Appel à s’impliquer dans la vie de son temps, dans la société : « il faut aimer la société »
• Elargissement avec « il faut aimer sa patrie » et « il faut aimer et servir l’Être suprême » (anaphore de « il faut aimer » + rythme ternaire + « il faut »). Ici, aimer = se battre pour.
• Gradation : « société », « patrie », « être suprême »
= un philosophe est un homme engagé qui ne se retire pas dans la nature. Cet amour n’est pas idéaliste : « malgré », « dont tant d’hommes », « injustices ». Ce n’est pas une doctrine idéaliste. L’engagement est difficile mais nécessaire
= Voltaire définit dans cette lettre un idéal humain, un être engagé mais conscient des risques. Voltaire soutient le progrès, l’art, l’engagement = cette lettre est le manifeste du mouvement des Lumières.



Choderlos de Laclos
Les liaisons dangereuses
« De la Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont, au château de… »


I. Une lettre
1. Les indices caractéristiques
- un cadre : « le château de… » = à la fois imprécis et révélateur d’un certain rang social
- « marquise », « vicomte » = correspondance de nobles
- épistolière désignée par « je » et destinataire par « vous ». Récurrence de ces pronoms montre l’implication des deux et leur proximité, le « nous » montre qu’ils forment un duo et qu’ils sont directement concernés par la lettre
2. Contenu et objectifs
- information : très brève et citées immédiatement « Madame de Volanges marie sa fille », nom du mari et différents renseignements sur les futurs époux (critères du choix de Gercourt, portrait de Cécile) = lettre d’information sur un mariage
- motiver, faire agir Valmont, le convaincre : l.8 « l’espoir de me venger », impératifs « prouvons-lui », « si vous formez »
= double contenu, informations et argumentation

II. Un portrait : Madame de Merteuil
1. Une femme dominatrice
- un personnage organisé et sûr de lui :
• indications de temps, planification de l’horaire « sept heures du soir », « huit heures », « dix »
• elle ordonne cette planification à Valmont, sans lui demander s’il est libre et lui impose un va et vient.
• Le futur révèle l’assurance de Merteuil = elle ne doute pas un instant de l’obéissance de Valmont
- un personnage autoritaire :
• les impératifs, les futurs de certitude
• « vous n’avez plus qu’à me remercier » « je vous rendrai votre liberté », « je ne m’occuperai plus de vous » = sous entend que Valmont a besoin d’elle, qu’il lui est entièrement soumise
- un personnage manipulateur : § après §, elle tente de convaincre Valmont
• §1 : questions et exclamatives, dialogue fictif qu’elle établit avec lui dans le but de susciter son intérêt
• l.5-6+2ème § :elle positionne Valmont contre Gercourt en lui rappelant un souvenir humiliant (l’aventure de l’intendante) + perspective du plaisir qu’il va tirer de faire du mal à Gercourt « amuserions », « fable de Paris »
• 3ème § : présentation orientée de Cécile : « vraiment jolie », « bouton de rose » = fraîcheur, jeunesse. De +, sa sensualité future est annoncée avec « regard langoureux » = sous entend le bon moment que Valmont passera

2. Une femme rouée et sans scrupules
- irrespectueuse d’autrui :
• Cécile, qui incarne l’innocence, est méprisée « la petite Volanges », « si vous formez cette petite fille » (très malsain), « n’a pas quinze ans ». = aucun respect pour la jeunesse, la pureté, l’innocence
• Cécile considérée comme un simple objet de vengeance « cela n’a pas », « c’est », « bel objet » « l’héroïne de ce nouveau roman » = Cécile est un pion sur un échiquier
- goût pour la vengeance :
• vengeance associée au chp lex du bien-être « m’apaise », « rassérène »
• chp lex du plaisir à la perspective de l’humiliation de Gercourt « plaisant », « amuserions »
• la négation du verbe embarrasser montre l’absence de scrupules
= cette lettre manifeste les traits de la personnalité de la Marquise. Elle est dénuée de toute morale, et sacrifie une jeune fille afin d’assouvir sa vengeance. A travers elle, l’auteur dénonce la société et surtout la noblesse de son temps.

III. Un témoignage et une dénonciation de la noblesse du XVIIIème siècle
1. La dénonciation du libertinage de mœurs
- des valeurs perverties :
• le nombre de liaisons mentionnées : Merteuil-Gercourt, Valmont-Intendante, Intendante-Gercourt, Merteuil-Chevalier , Valmont-Cécile, Cécile-Gercourt
• « formez », « mérite tous vos soins »
• liaison Cécile-Gercourt : argent, « blonde », éducation cloîtrée = raisons n’ayant aucun rapport avec l’amour
• amant de Merteuil : « aventure » et « régnant Chevalier » suggère que son règne va s’achever + « il n’a pas assez de tête », « l’amour ne m’aveugle pas » = deux litotes montrant que la Marquise n’aime pas le Chevalier
• famille : Merteuil n’a aucun respect pour son lien de parenté avec Madame de Volanges
• innocence, ingénuité : « gauche » est renforcé par « comme on ne l’est point », « nullement maniérée »= condamnation de l’inexpérience de Cécile (alors qu’elle ne peut rien à ceci, ayant reçu une éducation au couvent)
= Madame de Merteuil n’a aucun respect ni pour l’amour, ni pour ma famille, ni pour l’innocence, elle a des valeurs perverties
- elle est amère : « fureur », « l’amour ne m’aveugle pas » = ses valeurs perverties ne la rendent pas heureuse
- mépris pour les hommes :
• « vous autres hommes » = sous entend que les hommes ne prennent en compte que le physique des femmes pour les aimer
• manière dont elle s’adresse à Valmont : impératifs et ton infantilisant
• manière dont elle parle du Chevalier
= les valeurs de la Marquise sont dénaturées et ne lui permettent pas de s’épanouir

2. Le ridicule des valeurs traditionnelles appliquées avec excès
- naïveté de Madame de Volanges : elle place sa confiance dans la Marquise « c’est encore un secret, mais elle m’en a fait part hier » = c’est une confiance inappropriée = Madame de Volanges n’est pas pervertie, mais elle est aveugle à la méchanceté des autres
- « la mère et la fille souperont chez moi » = manque de discernement de Madame de Volanges, que son excès de morale empêche d’être lucide
- critique des relations mondaines au XVIIIème siècle
- principes de Gercourt :
• association de la fidélité à la couleur des cheveux et l’éducation au couvent
• « sort inévitable » = il sera trompé de toutes façons
• « présomption », « prétention », « préjugé » = Gercourt a des idées fausses
• « sottes », « ridicules », « plus ridicule encore » = gradation dans la bêtise
• « il le sera un jour » « la fable de Paris » = futur de certitude

Conclusion :
- référence à l’Ecole des femmes, de Molière
- dénonciation de la morale extrême ainsi que de la perversité
- Laclos propose un juste milieu.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Aurore

avatar

Nombre de messages : 34
Age : 29
Localisation : Athis
Date d'inscription : 21/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Sam 20 Jan - 6:50

micii mafemme tu m'a sauvé la vie pour l'apologue!! mici mici!!!!!!! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.sweety248.skyblog.com
Brice

avatar

Nombre de messages : 11
Age : 28
Localisation : Athis-Mons
Date d'inscription : 22/01/2007

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Lun 22 Jan - 10:35

J'avoue pas mal du tout et t'as du mettre du temps pour taper tout ça.Donc merci pour tous ces pauvres gens que tu sauves du désespoir (qui a dit moi?)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brice

avatar

Nombre de messages : 11
Age : 28
Localisation : Athis-Mons
Date d'inscription : 22/01/2007

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Lun 22 Jan - 13:48

Ha oui et puis j'ai cru entendre une souris plus haut.




















































Vous pouvez commencer à rire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
César



Nombre de messages : 3
Age : 28
Localisation : Ablon
Date d'inscription : 24/01/2007

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Mer 24 Jan - 1:49

Very Happy Merci Marie je crois que t'en a sauvée quelque uns grace a ca !!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mel

avatar

Nombre de messages : 38
Age : 28
Date d'inscription : 22/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Sam 27 Jan - 3:25

Very Happy Merci Marie pour tous les commentaires de textes que t'a du recopier pendant super longtemps !!! Sa va m'aider à retrouver certains commentaire que j'ai égaré ...
MERCI et vive le français !!!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aurore

avatar

Nombre de messages : 34
Age : 29
Localisation : Athis
Date d'inscription : 21/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Jeu 22 Fév - 8:38

Rilke Rainer Maria
Lettre à un jeune poète




I : Une lettre :

1) Indices caractéristiques :

==> cadre en-tête
épistolier à la 1ère personne en début de texte
==> destinataire très sollicité, impliqué
60 marques du destinataires => pronoms et adjectifs très récurrents + impératifs
==> lettre à visée argumentative didactique
(grec : didasco =>j’enseigne, j’apprends)

2) Une réponse :

==> à une question posée
2 attentes du destinataire :
qualité de son écrit : « vers…bons » l1
jugement de Rilke : « me…moi »
question qui concerne la créativité littéraire, champs lexical de l’écriture

==> Une connaissance du destinataire
l 2-4 rappel des démarches par Kappus

==> une réponse détournée :
- refus de répondre
- réponse éloignée de la question
l1 : nos différents de la ligne 44 : une œuvre d’art => élargissement


II : Les meilleures conditions d’écriture :

1) Une démarche d’intériorisation :



se détacher de l’opinion d’autrui :
==> Oublier ce qui nous entoure
. champ lexical de l’autre, de l’édition… « extérieur »
l2-5 : « revue », « rédaction »…

. négation de cet extérieur « éviter » l6
1ère chose pour un artiste => se détacher de l’opinion de ceux qui nous entoure


« il n’y a », « un seul » :

==> se réaliser en soi-même. L7 « personne » répétition
Il insiste sur le fait qu’il ne faut faire confiance qu’à soi-même => l13
. métaphore d’un déplacement
indice de lieu « le fond » notion de profondeur qui marque l’introspection, réflexion approfondie



2) La mise en valeur de ses richesses intérieures:

==> partir de son quotidien
"nature" l18
anaphore l19
"voyez", "aimez": ressenti
"vivez", "perdez": souffrance

l25-26 "quotidien", "tristesse", "désir", "pensée fugitive"
"foi en quelque beauté"

choix artistique:
==> être profond
=> recourir à ses souvenirs d'enfance
question rhétorique l35

champs lexical de la richesse => met en valeur l'enfance
"précieux", "royale", "vaste"


III: Une réflexion sur la créativité:

1) L'écriture: une nécessité:

==> un besoin à éprouver
. un questionnement : verbes de demande
l10-14 impératifs

question: l12-13
style direct
annonce l11, "c'est cela avant tout"

conditions: "l'heure la plus silencieuse" : isolement

. champ lexical de la nécessité:
l9, l15 (réponse en italique)
l6, 17, 44 ,

==> une vocation qui engage toute une vie:
l15-16, "alors, construisez...vie"
il faudrait mourir

"signe et témoignage"
C'est l'homme tout entier qui s'engage
==> écriture, créativité: sens de la vie


2) L'authenticité, la condition du succès d'une oeuvre:

==> une indispensable sincérité l27
rythme ternaire, gradation décroissante
" ardente, silencieux, humble"
parler de soi: garantie d'originalité.
l20-21 anaphore

l23==> créativité passe par l'originalité
"propre" "quelque chose": marque de l'inédit

==> l'oeuvre: reflet de son auteur
champ lexical de l'appartenance: " propriété","part et voix et votre vie"

Elle conduit à l’influence au jugement d'autrui (se détacher de l'opinion d'autrui)

réussite: - intériorisation
- nécessité...vocation
- authenticité, sincérité, reflet de soi

ouverture==> Sartre, Sarraute

==> lettre manifeste sur la création littéraire


Dernière édition par le Mer 20 Juin - 21:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.sweety248.skyblog.com
Aurore

avatar

Nombre de messages : 34
Age : 29
Localisation : Athis
Date d'inscription : 21/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Ven 23 Fév - 8:41

LA POESIE

Guillaume Apollinaire
"Zone"

1er poème du recueil [url]Alcool[/url] 1943
Transition entre le classique et la modernité
poème très long, précurseur du surréalisme, poète de l'ère de la modernité

I: Un hymne à la modernité:

1) Le refus du monde ancien:

==> monde ancien v1-3-4 => fin de vers
expression d'une lassitude: "tu es las" v1
"as assez" v3
début de vers

2) Un positionnement en faveur du monde moderne:[/u

vision globale de la société:
==> nombreuses références au monde moderne
. architecture: "Tour Eiffel" v2
. l'industrie: automobile aviation
. publicité: enseignes
. presse
. monde du travail

admiration: Paris, ville animée, vivante, belle

==> Une présentation très laudative, méliorative

. personnification de la Tour Eiffel: " Ô interpellation"
. énumérations, rythmes ternaires, pluriels
. personnifications
. adjectifs mélioratifs
. perceptions visuelles et auditives

[u]II: une poésie de la modernité:


1) La situation d'énonciation insolite:

==> ambiguïté du "tu" v1:
. lecteur contemporain
."tu" v3, Tour Eiffel
. lui-même
. lecteur
. "tu" v7, christianisme
. "tu" v9-10-11, lecteur
. auteur

"je" l15=> poète

2) Une nouvelle expression poétique:

==> la forme: vers libre, absence de ponctuation, strophes inégales

==> images insolites: personnification de la Tour Eiffel, l'étrangeté des bruits

. thèmes d'inspiration différents de la poésie traditionnelle
juxtaposé, sens logique, apparente.
impression d'une très grande incohérence

III: Signification: Un itinéraire, celui du poète:

1) Expression de sentiments:

"tu":
=>v14 sentiments mêlés
v1 " les" v2 admiration pour la Tour Eiffel
v3: "assez"
v7-8: admiration pour la religion
==> à partir du v15: "je" sentiments positifs

2) Expression d'une expérience personnelle:

==> Une prise de conscience et un recul par rapport à la société: "tu" auteur


"A la fin" v1 réflexion, méditation
=> sort de son mal-être pour créer

==> analyse d'un mal-être, d'une lassitude
.sentiments négatifs liés au monde ancien, tradition
. recherche d'apaisement du côté de la religion "tout neuve", "n'est pas antique"
"européen le plus moderne", + les apostrophes qui traduisent une attente , une espérance v7-8
mais chute v9

v9 => honte + enjambement v9/10
religion rejetée n'est plus une solution

==> épanouissement du poète par la modernité
tu => je

v11-14 => amélioration
point commun entre le lecture et la créativité
champ lexical de la presse
v12 "poésie" : trouve un soulagement
à partir de "voilà": aboutissement
reprise anaphorique de"il y a"==> tout lui vient facilement
début dans l'épanouissement par la créativité
- sources d'inspiration: modernité: rue de Paris (v 15-24)

traduit la créativité, cheminement vers l'écriture:
indices saptiaux => la rue v15
éléments de la rue v16-22
noms propres v24 itinéraire
tradition: expace entre les vers ==> ennui, mal-être
modernité : renouveau littéraire
"tu" est une invitation au lecteur de se tourner vers la modernité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.sweety248.skyblog.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Lun 9 Avr - 13:09

Louis Aragon
« C »




I. L’évocation de deux époques
1. Le Moyen-Âge


- cadre : « temps passés » = le pluriel montre que c’est un passé ancien. Date imprécise. « chanson » et « lai » ainsi que « chevalier » rappellent l’époque médiévale

- lieu : « château » « fossés » = château avec douves

- 3 personnages : « chevalier », « duc », « fiancé »

- thèmes :

v « chevalier blessé » = combat, tournoi

v « rose », « corsage délacé » « fiancée » = amour

v «éternelle », « danser » = vie

= thèmes médiévaux

2. L’époque moderne

- « ponts de Cé », « Loire » = contexte de la débâcle de 1940

- « j’ai traversé les ponts de Cé » encadre le poème

- « voitures » = modernité

- à partir du vers 11, plus de personnages

- thème abordé :

v « gloires faussées » = guerre et défaite

v « larmes effacées » = souffrance

v parallélisme de sonorités entre « armes désamorcées » et « larmes effacées » montre le lien entre la guerre et la souffrance. ( r = son de la dureté, a = son de la gravité, m = son du chuchotement)



II. Comparaison, mise en perspective de ces deux époques

1. Des similitudes

- évocation du Moyen – Âge introduite par une forme littéraire « chanson » et un verbe déclaratif « parle » / époque moderne introduite par « lai » et « pensées »

- pas de réel récit : pas de verbes d’action, superposition de tableaux et d’images. Tous les noms sont suivis de qualificatifs ou d’expansion du nom = représentation visuelle = le lecteur doit lui-même retrouver la logique et lier les tableaux des deux époques.

- des tableaux entremêlés :

v la rime suffisante unique permet d’unir les tableaux.

v « chaussée » dans la partie médiévale annonce « voitures versées » dans la partie moderne.

v V9-10 sont atemporels et font la transition entre les deux époques + position centrale de ce distique.

v On a une protase avec l’époque médiévale, une acmée avec les vers 9-10 « prairie » « danser » « éternelle fiancée » et une apodose avec l’époque moderne.

2. Des différences porteuses de sens

- correspondances qui s’opposent :

v « chevalier blessé »/ « gloires faussées »

v « rose sur la chaussée »/ « voitures versées » (allitération en v)

v « château » « duc » « cygne »(symbole de la méchanceté, du mépris) / « France délaissée »

= l’histoire se dessine : chevalier (armée française) se bat contre le duc (Hilter), qui vit au « château » (Landsberg), pour sa fiancée (France) et échoue (larmes, gloires faussées, blessé…)

III. Les intentions du poète : appel à la lutte, à la Résistance

1. Présence et rôle du poète

- Le poème commence par « je » et s’achève par « je ».

- Il est présent v.11 + il est renforcé par des adj possessifs « mes » « ma » dans la 2ème partie.

- L’auteur est présent à l’époque moderne, il participe.

- Le « je» ouvre l’évocation du Moyen-Âge et la termine, les deux tableaux sont liés à sa personne. + réminiscence de l’auteur (comme la madeleine de Proust et Fantaisie de Nerval) = il traverse les ponts de Cé, a une réminiscence : celle du M-A

- le verbe traverser montre le cheminement physique et intellectuel de la débâcle de 40 au M-A. Le présentatif « c’est » met en valeur ceci au vers 2 + sonorité en « cé » récurrente à la fin du v.1 et au début du v.2

- « lait » et « lai » = jeu sur les mots, allitération et assonance + évoque une potion magique, qui retransporte le poète dans l’époque moderne et achève la réminiscence.

2. L’appel au combat

- attachement à la France : interpellation « ô » + personnification « éternelle fiancée » et « rose » montrant l’amour de la patrie + adj possessif « ma France »

- compassion, souffrance : « délaissée » = capitulation, défaite = dénonciation du comportement des Français qui ont laissé leur patrie à Hitler + le son « s » est celui de la souffrance

- « voitures versées » : critique de la lâcheté, de la peur des Français qui ont fui Paris.

= Appel à retrouver les valeurs de la bravoure et du courage, du dévouement à sa patrie.

Appel à retrouver les idéaux chevaleresques, d’où l’évocation du M-A.

- à l’époque médiévale, les personnages sont clairement définis alors qu’en 1940, les hommes ne sont évoqués que par leurs larmes = supériorité du M-A.



Jacques Prévert
« Familiale »




I. Un récit

1. Les moments, les étapes de l’action

- situation intiale : 5 premiers vers décrivent une situation familiale avec 3 personnages « père », mère », « fils » = ils n’existent que par leur place dans la famille et par leur activité montrée par le verbe faire. + Situation très simple écrite au présent à valeur d’habitude.

- v.16 : reprise et changement, v.18 « le fil est tué il ne continue plus » conséquence : novelle activité : la visite au cimetière = la routine se modifie, cette activité est un déplacement.

- fausse situation finale : il y a un changement, mais qui n’est pas un élément de résolution

= structure de fable

2. Les commentaires et analyses

- points de vue des personnages, points de vues internes du père et du fils avec « son », « sa » etc. + point de vue omniscient de l’auteur

- l’auteur commente : « tout naturel » « il ne trouve rien » = il juge et analyse les personnages



II. Analyse des personnages stéréotypés et déshumanisés

1. La réduction des personnages à une activité

- la répétition des termes « tricot » v.1,6,13,16

- activités mises en valeur car citées en fin de vers

- pauvreté du lexique (noms) :

v pères/mère/fils

v affaires/tricot/guerre

v cimetière/vie

= corvées contraires à l’épanouissement

= Les personnages n’existent qu’à travers leur activité

2. L’absence d’humanité des personnages

- verbes : « faire », prolongé par « continuer » puis encore « faire » = cycle

- « est tué », « vont au cimetière »

= aucun verbe de ressenti ou de sentiments, ni jugement ni recul + ils trouvent ça « naturel »

- manque de valeurs du fils : « le fils » est encadré par « rien » au v.12 = il est incapable de penser, ses seules références sont ses parents, le tricot et les affaires :

v tricot = répétition

v affaires = argent

v guerre = mort

= il est enfermé dans un univers qui nie toute individualité et son avenir est entièrement tracé « quand il aura fini la guerre, il fera des affaires avec son père » (futur de certitude) = il deviendra comme son père

- robotisation : lexqique limité et répété, routine monotone, structures des phrases très simples = quand on a pas de langage, on ne pense pas = les personnages ne pensent pas

- les questions et les réponses de l’auteur reprennent les mêmes mots et expressions = manque de vocabulaire = manque de réflexion

= absence d’individualité, de créativité, d’humanité



III. Sévère critique de la société

1. Poème engagé : présence discrète de l’auteur

- apparente neutralité, absence de « je », vocabulaire pauvre qui renvoie aux personnages

- l’expression d’une vive désapprobation : ton ironique, très caustique avec « tout naturel » et « ne continue plus »

2. La dénonciation de la bourgeoisie affairiste qui engendre la guerre

- on met en valeur l’activité du père et la prédominance des affaires dès le v.4 par la question rhétorique

- lien entre les affaires et la guerre = les termes sont toujours associés

- parallèle : le père engendre le fils, les affaires engendrent la guerre

- mort physique du fils = affaires sont contraires à la vie et tuent la jeunesse : « la vie avec le cimetière » (antithèse)

- mort symbolique de la société toute entière : famille déshumanisée, perte progressive du langage et de la pensée

- absence de verbes, de phrases : déchéance intellectuelle des humains, de la société, de la vie = si la société ne réagit pas, elle perdra son humanité

- sonorités, allitérations en r = son dur et menaçant

-critique du patriotisme, du sentiment de fierté d’avoir donné son enfant à la France = aucune cause ne vaut la mort d’une jeune personne

[color:8907=#000000:8907]- le cimetière s’inscrit dans la routine des parents = banalisation de la mort

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Mar 10 Avr - 9:15

Paul Eluard
« La mort de Nusch »




I. Une évocation très moderne et inédite de la mort, le choix d’une écriture surréaliste

1. Rupture avec la poésie traditionnelle

- disposition :

v 1er vers mis en exergue : date

v une strophe de 3 vers inégaux, deux signes isolent cette strophe

v un vers isolé

v un titre en majuscules

v 3 strophes de 5 vers en alexandrins

- pas de ponctuation, pas de syntaxe, pas de langage soutenu, langage accessible à tous

= mise en scène d’un événement

2. Une construction originale

- poème construit autour d’une antithèse vie/mort : alternance constante entre le thème de la vie et celui de la mort au fil des vers

- « silence » = anéantissement du poète et victoire de la mort



II. L’amour, la vie et la mort

1. Célébration de l’amour et de la vie

- temps de l’imparfait = passé

- « nous », « ensemble », « nous ». Puis passage de « nous » à « mon » car Nusch est partie

- chp lex de la vie « notre vie » en titre et reprise du titre au vers 5, avec anaphore

- métaphore de l’amour et la vie avec « aurore » et « beau matin de mai » = printemps

- « ville » = leur couple, tout ce qu’ils ont construit ensemble

- rôle de la femme lié au rapport à la vie « si contente de vivre » « et de donner la vie » (enjambement) = la femme aimée est source de création, thème fondamental dans la poésie d’Eluard

- renouveau : « dix-sept années toujours plus claires » = l’amour résiste à l’usure du temps

2. La présence de la mort

- réalité rendue pas les temps, passé composé, présent

- futur de certitude dès le v.1 qui nie l’avenir du couple

- réalité physique de la mort « ensevelie », « la terre a refermé son poing », « sur la terre et sous la terre »

- la condition humaine vouée à la mort apparaît avec « la mort entre moi comme dans un moulin »

- personnifications et allégories :

v « rompu l’équilibre du temps » = la faucheuse, les Parques

v « boit et mange à mes dépends » = vampire

- « la mort qui va la mort qui vient la mort vécue » = anaphore + allitération en v insiste sur la force de la mort

= vision terrifiante de la mort, action dévorante, rongeante, contre laquelle l’homme ne peut rien



III. La souffrance du poète

1. Une intériorisation progressive de la souffrance

- étude de la situation d’énonciation : prédominance du « nous », « notre » et « tu » jusqu’au vers 11, puis apparition progressive de la 1ère personne, puis plus rien jusqu’au dernier vers

= au début, le poète parle à Nusch, puis elle disparaît et il se retrouve seul face à sa souffrance.

- dernier vers : « je fais place au silence » = anéantissement, il ne peut plus mettre des mots sur sa douleur tant elle est puissante

2. Le cheminement dans la souffrance

- « Mon amour si léger prend le poids d’un supplice » = chiasme thématique

- expression d’un combat : il essaie de lutter contre la douleur, mais ce combat est voué à l’échec (v.7 ;14 ;16)

- expression d’une confusion : images contradictoires « morte visible Nusch invisible », « sur la terre et sous la terre » + absence de ponctuation donne rapidité aux vers, plus de phrases ni de syntaxe à la troisième strophe = il souffre tellement qu’il n’est plus logique, il n’arrive pas à ordonner ses idées et se mots

- efforts désespérés pour voir encore Nusch, faire revivre son visage

- expression d’un enfermement : « masque de neige », « nuit », « aveugle » = enfermé dans sa douleur

- expression d’un anéantissement : « épuisé » « la mort entre en moi » « mon passé se dissout » « silence » + après « silence » il y a un point, alors que tout le poème est dénué de ponctuation = mort symbolique du poète

= anéantissement du corps, du passé, de la pensée, de la parole. Il n’existe plus ni en tant qu’homme ni en tant qu’artiste.



Conclusion

- poème moderne et surréaliste, exprimant une douleur immense et réelle. Registres lyriques et pathétiques le rend touchant et terrible.

- ouverture : « demain, dès l’aube… » de Victor Hugo. Mais Victor Hugo concrétise sa souffrance en accomplissant un pèlerinage sur la tombe de Léopoldine, alors qu’Eluard reste vide et anéanti.

[
Robert Desnos
« Ce cœur qui haïssait la guerre »




I. La mise en valeur de deux positions face à la guerre

1. Deux attitudes opposées

- le refus du combat : justification implicite avec le champ lexical de la vie et de la nature (=cycle naturel de la vie) + rythme du vers 2 évoquant l’écoulement du temps

- l’acceptation et la participation à la guerre : fin du vers 1 + exclamative, chp lex du combat

= désir de respecter la vie et désir de combattre s’opposent

2. Une structure révélatrice

- dans les phrases : ils commence par parler du refus de combattre pour aboutir à l’appel au combat, renforcé par l’anaphore en « qu’il », l’allitération en k et l’assonance en i qui mettent en valeur l’attitude du combattant.

- structure du poème :

v v.1 à 6. = les deux attitudes

v v.7 = pause, avec présence du lecteur et du poète

v v.8 = « mais », connecteur qui permet de basculer dans le poème engagé. On passe de deux attitudes à « d’autres cœurs »

v v.13 : « ce cœur qui haïssait la guerre » est développé par le « car » du v.16 qui aboutit à un élargissement « ces cœurs » -> « se battaient pour la liberté »= ces connecteurs logiques confèrent un registre polémique, montrent qu’il s’agit d’un texte argumentatif

= but du poème = appel au combat



II. Un appel à la lutte, poème engagé

1. Circonstances du combat

- liées au poète « je » « me », « comme le mien » associé à « la France » = le poète se positionne en faveur de la défense de sa patrie

- évolution dans le temps :

v « ce cœur qui haïssait la guerre » -> « voilà qu’il bat »

v « ne battait » -> « il se gonfle »

v imparfait pour parler du pacifisme -> présent et futur pour les combattants

= Le pacifisme est inadapté au moment présent. Lui-même était pacifiste, mais il doit se battre pour sa patrie car c’est une « besogne » nécessaire

2. Les valeurs invoquées : la justification du combat

- « révolte contre Hitler et mort à ses partisans ! »= forme nominale, exclamative, rythme binaire, termes très forts montrant l’engagement

- lutte pour la liberté : v.14, deux points précèdent « Liberté », majuscule à ce mot, mot repris plusieurs fois, « liberté » désignée aussi par l’expression « un seul mot » qui insiste sur le caractère primordial et essentiel de la lutte qu’il faut mener.

- « besogne » : emploi inadapté et inattendu qui attire l’attention du lecteur. C’est pour montrer que la liberté n’est pas une idée abstraite et une vague pensée, mais une tâche concrète et difficile qui va réclamer des efforts.

- combat pour la vie : la liberté est la notion commune qui va réunir pacifistes et guerriers, élargissement de « ce cœur » à « ces cœurs ». Au vers 16, tous les cœurs le rejoignent.

- reprise du chp lex de la nature et de la vie et jeu sur la polysémie du verbe battre (cœur qui bat = vie, et coeur qui se bat = guerre) = quand on aime la nature et la vie, il faut se battre pour elle.

= ce poème s’adresse aux non violents, ce qui fait toute son originalité.





III. Réflexion sur les fonctions de la poésie

1. Eveiller, faire prendre conscience

- mise en valeur par le déterminant « ce » devant « bruit ». Le terme « bruit » est récurrent dans le poème, il est repris ensuite par des mots renvoyant à des sons « sifflent », « son d’une cloche », « je l’entends » « l’écho » « leur bruit est celui de la mer » + le bruit du cœur qui bat est suggéré.

- Bruit = poésie

2. Faire agir

- registre épique : les procédés d’amplification, de grossissement :

v « ce cœur » -> « ces cœurs »

v « ville » -> « campagne »

v « émeute » -> « combat »

v « autre cœur » -> « millions d’autres cœurs »

- image de combat, chp lex très développé + « le combat et la bataille » = tournure redondante :

v Combat = dimension plus symbolique, idée de la guerre

v bataille = dimension très concrète = réalité de la guerre

v allitération en b fait passer de l’abstrait au concret

- image du sang « sang brûlant » = réalité de la guerre, et « cervelle » = à la fois symbolique et physique

- « guerre » = « besogne » = passage au concret

= passage sans arrêt de l’idée à l’action, en jouant sur les polysémies. La poésie permet de jouer sur les mots et de passer de l’abstrait au concret.

3. Célébrer la vie

- la versification, vers libres soulignant la notion de liberté

- image de l’homme centrale dans ce texte, l’homme est désigné par le « cœur » pour appeler les sentiments, l’engagement véritable

- « cœur », « sang », « cervelle » = l’engagement doit être à la fois passionné et réfléchi, enflammé et raisonné. On s’engage toujours au nom de la vie (thème fondamental de la poésie de Desnos)

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Mar 10 Avr - 9:30

Pablo Picasso
« Guernica »




I. La composition

1. Plusieurs tableaux en un (en pliant)

- deux personnages en souffrance : le taureau est au-dessus d’elles et apparaît comme responsable de leur douleur (taureau symbolise Franco)

- Le cheval est mis en valeur, blessé, symbolise l’Espagne

- Trois personnages en grande souffrance, un qui est dévoré par les flammes, l’autre qui se traîne… Deux femmes se tendent vers le blanc, peut-être un espoir

2. Importance de la diagonale

- diagonale haut gauche - bas droit met le taureau responsable de ce chaos

- diagonale bas gauche – haut droit mène de l’homme mort à une fenêtre d’espoir, mais trop petite pour permettre la fuite. Le cheval est traversé par les deux diagonales.

3. Les valeurs

- l’absence de couleurs donne une dimension symbolique, et confère au tableau un registre tragique et angoissant (noir)

- les contrastes donnent l’impression de venir d’un intérieur. La lumière n’est pas jaune, mais blanche.

- Apparence désordonnée, mais composition fouillée et signifiante



II. Les thèmes

1. La confusion, le chaos

- éléments confondus, mêlés

2. La souffrance

- les bouches sont ouvertes et tordues, elles suggèrent la force des cris

- yeux exorbités et placés dans des positions différentes

- cheval et femme qui se traîne ont des petits yeux ronds = innocence bafouée

- langue pointue qui se dresse = douleur

- visage triangulaire = douleur

- cous très allongés montrent qu’ils se tendent désespérément vers l’espoir pour échapper à l’horreur

- femme de gauche, enfant mort sur ses genoux, maternité blessée, vie tuée à sa source

3. La mort

- le soldat espagnol est allongé à terre, l’Espagne est vaincue, morte



III. Un art engagé

1. La présence de l’artiste

- la lampe est à la fois un œil et une lampe, il s’agit de l’œil du peintre

- journaux = il a appris ce qui s’est passé à Guernica par la presse

2. Dénonciation de l’oppression

- taureau = Franco. Le taureau est le seul élément immobile qui n’exprime aucune douleur, ses yeux sont parallèles, sa langue pointue symbolise une arme. Il est à gauche, on le voit donc immédiatement. Son placement dans la diagonale le montre responsable de la souffrance = remise en cause directe du pouvoir en place qui a autorisé ce massacre.

- Le cheval, symbole de l’Espagne, est transpercé par deux fois + il a une arme dans la gueule. L’Espagne possède une force armée, force qui risque d’exploser et de détruire le pays

3. L’appel à la résistance, l’espoir

- Le cheval est debout en débit de ses souffrances = courage, résistance, espoir + il regarde le taureau, l’oppresseur = révolte

- présence d’une fleur = vie

- fer à cheval : le sabot est posé sur le sol, on ne devrait pas voir le fer et pourtant on le voit = symbole de chance

- femme qui tient un flambeau = lumière, espérance

= l’espoir est faible, et pour le conserver il faut se révolter et réagir (même message que Desnos)


_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Mer 11 Avr - 3:49

Samuel Beckett
En attendant Godot
Texte 1 (Scène d’exposition)




I. Une curieuse scène d’exposition

1. Le rôle des didascalies

- le décor : « route à la campagne, avec arbre. Soir » « assis sur une pierre » = très imprécis, on ne situe ni le pays ni l’époque

- dénuement rendu par la brièveté des phrases, qui n’ont pas de verbes

- rupture avec le théâtre classique = décor extérieur

- les personnages

v Ils ont des noms surprenants

v leurs gestes sont rendus par les didascalies avec des verbes d’action, se sont des gestes immédiats non porteurs de décisions importantes

v leurs sentiments sont des ressentis immédiats, qui ne sont pas source ‘une intrigue particulière

2. Le contenu des tirades

- sujets de conversation :

v le présent immédiat qui nous renseigne sur le statut des personnages (des vagabonds) : « fossé », « on ne t’a pas battu » « je me déchausse » « boutonner » = solitude et dénuement

v quelques références au passé « il y a une éternité, vers 1900 »

v « main dans la main » = amitié ancienne

v « Eiffel » = nous situe en France, mais le titre est en Anglais francisé = imprécision, mais du moins Europe

= les personnages n’ont pas d’histoire, il n’y a pas d’action porteuse d’intrigue, pas de futur, pas de famille, pas de projet, pas de maison…

- conversation difficile

v l.1-5, pas d’échange. Le « tu » de Vladimir renvoie à lui-même, soliloques.

v L.6-26 véritable conversation, mais dialogue qui n’aboutit pas. Parodie d’une scène de retrouvailles.

v L.27 reprise du soliloque de Vladimir

v L.35-52 dialogue marqué par l’incompréhension, les personnages ne s’écoutent pas

= pas de cadre signifiant, pas d’intrigue, pas de personnages, ils ne communiquent pas et sont en souffrance du fait de leur solitude et de leur dénuement. Ni thème, ni message = THEATRE DE L’ABSURDE



II. Deux personnages

1. Estragon

- personnage ridicule :

v Nom : il a le nom d’une plante aromatique, le rattache à la terre, personnage prosaïque (fossé, chaussure…)

v Unique occupation liée à sa chaussure

v Description péjorative, chp lex de l’effort qui n’aboutit pas. Animalisation avec « ahanant », « haletant »

- personnage en souffrance :

v Conditions de vie : « fossé » « battu » « les mêmes » = imprécision montre que c’est son quotidien, habitude

v « mal » répété plusieurs fois, chp lex de la douleur associé à l’appel au secours « aide-moi »

= Estragon incarne les douleurs physiques de l’être humain, la condition physique de l’homme en souffrance

2. Vladimir

- personnage plus spirituel :

v nom : nom tiré de la littérature russe, souvent associé à des personnages passionnés

v didascalies « se recueille » « songeant » « il médite » « il réfléchit » « rêveusement » = se rattache à une activité de réflexion

v tirades : chp lexical de la réflexion, vocabulaire et phrases plus élaborées que celles d’Estragon, points de suspension / MAIS l’objet de ses pensées n’est jamais dit = ses pensées n’aboutissent pas, elles sont vides et sans contenu

- personnage qui domine :

v ton qu’il utilise : il mène le dialogue et parle à Estragon d’une manière assez paternelle. Il s’inquiète de lui, lui fait des reproches, il est parfois méprisant mais aussi protecteur. Il affirme sa supériorité l.14-15, 23-24

v position debout, alors qu’Estragon est assis. Il ne se penche pas sur lui.

v Supériorité déplacée : Estragon le remet à sa place avec le problème du bouton

= Vladimir incarne l’esprit de l’homme en souffrance



III. La représentation tragique de la condition humaine

1. Le registre comique au service du message tragique

On observe trois des quatre comiques :

- gestes :

v Décalages : efforts démesurés pour la chaussure, pantalon déboutonné de Vladimir

v Démarche de Vladimir : même démarche que Charlot (Roger Blin a habillé Vladimir et Estragon comme Charlie Chaplin et Buster Keaton) = démarche de comique

- mots :

v Répétitions, décalages du texte et des didascalies

v Décalage entre propos soutenus et propos familiers

- situation :

v Parodie de la scène de retrouvailles avec l’irritation d’Estragon

v Allusion à la tour Eiffel : suicide commun ridicule, main dans la main = tragi-comique

2. Vision tragique de l’homme

- difficulté à communiquer : thème récurrent du théâtre de l’absurde, rupture de communication, soliloques

- difficulté de vivre : souffrances de des personnages. Ils incarnent la condition humaine :

v Attitude d’Estragon, sa difficulté à agir, ses gémissements, souffrance physique

v attitude de Vladimir : souffrance morale, il essaie de construire une pensée et de réfléchir mais n’y parvient pas, ce qui est suggéré par les points de suspension

= ils sont à l’état quasi-animal, êtres humains détruits

- tentation de la mort : évocation du suicide raté à la tour Eiffel

- déchéance : dégradation de la condition humaine, déchéance physique et morale + Allusion à un passé meilleur qui montre leur chute

- vision sinistre de la mort : « petit tas d’ossements »



Conclusion :

- Cette scène est absurde car elle est en rupture avec la tradition théâtrale : décors, personnages, action inexistante, manque de dialogue cohérent, personnages sans statut social, sans profondeur et sans projets

- Expression tragique de la condition humaine, personnages en souffrance, qui n’arrivent à communiquer et qui sont confrontés au vide de leur existence = annonce le thème de la pièce.
Samuel Beckett
En attendant Godot
Texte 2 (« Vous voulez vous en débarrasser ? »)




I. Une mise en scène burlesque : une farce

1. Comique de gestes

- La mise en scène de Pozzo : « tout le monde me regarde ? » (il y a trois spectateurs)

- sa mise en scène est révélée par les très longues didascalies. Le « vaporisateur » est répété quatre fois, ce qui met l’accent sur l’objet

- préparation de la voix comme s’il allait chanter ou faire un discours

- mimes : Vladimir mime Lucky pour expliquer à Pozzo, puis Estragon mime également Lucky + bataille du mouchoir « gestes d’enfant » de Vladimir et Estragon

- coup de pied à la fin : effet de farce traditionnelle, avec Estragon qui ragit d’une manière démesurée en sautillant

2. Comique de mots

- comique de répétition : « tout le monde y est ? Tout le monde me regarde ? » et « vous voulez vous en débarrasser ? » répétés à de nombreuses occurrences

- effets de décalages

- mélange des niveaux de langue dans les répliques de Pozzo, registre soutenu qui s’oppose au registre familier

3. Comique de situation

- discours de Pozzo : préparation à un spectacle sans spectacle + il n’y a que 3 spectateurs. Opposition entre la préparation du vaporisateur et la réplique « alors quoi ? » = Pozzo ne sait pas à quoi il se prépare

- retournement d’Estragon l.86-108

= scène de farce, quasi de cirque, on a des clowns pour une scène burlesque et fantaisiste



II. La découverte de deux nouveaux personnages

1. Pozzo, un personnage dominant

- un personnage qui mène le dialogue : c’est celui qui fait les phrases les plus longues et les plus construites, qui ale niveau de langue le plus soutenu, qui parle le plus longuement = lui confère une certaine autorité

- il emploie des impératifs « ne me coupez pas la parole » « essuyez-le », « prenez » = il est le seul qui utilise l’impératif

- personnage qui tire son autorité pat la prétention qu’il affiche « je »/ « me ». Il rapporte tout à lui et se prend pour le centre de la conversation même lorsqu’il parle de Lucky. Il se met en scène et fait attendre les autres (montré par la longueur des didascalies) et il n’est pas capable de combler cette attente.

- supériorité sociale : il affirme cette supériorité en dominant Lucky

- il croit comprendre Lucky et l’analyse. Illogique : soit on s’intéresse à quelqu’un, on le comprend etc., soit on le soumet d’une manière aussi affreuse, mais les deux en même temps sont impossibles.

- un maître autoritaire et abusif : corde autour du cou. S’il tire trop fort, Lucky meurt = il a le droit de vie et de mort sur lui.

- il emploie des termes très violents « chasser » « coups de pieds » « tuer » = gradation dans la violence

= personnage prétentieux, odieux, affreusement autoritaire

2. Lucky, un personnage dominé

- il est soumis aux ordres de Pozzo, il n’existe qu’à travers les ordres que lui donne Pozzo

- il obéit au doigt (corde) et à l’œil (il le regarde) à Pozzo, ainsi qu’à la parole (ordres).

- l’obéissance immédiate de Lucky est montrée par les didascalies qui reprennent les mêmes termes que les ordres. « Avance ! (Lucky avance) » « Regarde moi, porc ! (Lucky le regarde) »

- personnage déshumanisé : il n’est nommé que par les didascalies, Pozzo le nomme « porc », le montre inférieur aux « vieux chiens », Estragon « salaud » et « vache » + corde comme une laisse + Lucky est un nom de chien

- un personnage aliéné : il ne peut se passer du personnage qui le maltraite. Il est décrit comme s’acharnant à rester au service de Pozzo. La seule violence dont il est capable est à l’égard d’Estragon et non de Pozzo = rapport ambigu du bourreau et de la victime



III. Dénonciation de l’absurdité de l’existence

1. La difficulté de communiquer

- réduction du langage : répliques d’Estragon sans verbes, sans phrases construites = réduction de la pensée

- on attend le discours de Pozzo, qui n’aboutit pas

- phrases interrompues = plus de pensées

- absence de dialogues véritables

- répétition de la question de Vladimir : il n’a pas de réponse, la réponse n’est jamais adaptée

- Pozzo analyse Lucky et répète toujours les mêmes arguments mais avec des mots différents, soliloques mais pas de réel dialogue

2. La vision tragique de la condition humaine

- une représentation tragique du monde et des rapports entre les humains. Pozzo et Lucky incarnent toutes les relations dominant/dominé à l’échelle mondiale ou privée, les rapports monde/société/individu

- Pozzo « compte bien en tirer quelque chose » : profit = vision matérialiste du monde ou les humains ont pour but le profit

- avec Lucky, dénonciation de la soumission et de l’absence de réaction, il ne se révolte que contre celui qui veut l’aider = complaisance dans sa maltraitance

- Pozzo : faux pouvoir, prétention ridicule, incapacité à penser, déshumanisation

= le matérialisme conduit à la déshumanisation totale de l’homme

- réaction très limitée de Vladimir et Estragon face à la manière dont Pozzo traite Lucky, ils sont passifs et seulement spectateurs, leurs questions sont en décalage avec le gravité de la situation = acceptation des hommes face aux abus et aux injustices de la société

- le geste de pitié d’Estragon est très limité puisqu’il se termine en l’injuriant « salaud » = on a pitié des autres à partir du moment où ils ne dérangent pas

- tirade de Pozzo sur le hasard : fatalité



Conclusion

- Absurdité de la condition de l’homme, qui est limité dans capacité de pensée, d’action et de générosité. Les personnages ne peuvent ni ressentir ni s’émouvoir, ils sont incapables de ressentir de la pitié.

- Les relations équilibrées avec autrui sont impossibles : soit on est dans un rapport de force, soit on est aliéné.

- Considération métaphysique sur le hasard de l’existence, le fait qu’on ne peut échapper à sa condition et à sa destinée

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Mer 11 Avr - 5:26

Samuel Beckett
En attendant Godot
Texte 3 (« Essayons de converser… »)




I. Un dialogue difficile

1. Un objectif de dialogue non-atteint

- circonstances « en attendant » = fait écho au titre, rappelé aussi l.33 « on attend Godot ». Attente = ennui = conversation nécessaire pour combler ce vide

- objectif clairement présenté à travers un impératif « essayons de converser sans nous exalter » = montre que le but n’est pas évident, difficulté

- échec : le texte s’arrête sur la didascalie « silence », apparaissant plusieurs fois au cours du texte

- passage de « converser » à « dire » et à « faire » : montre que la parole n’a pas été efficace.

- passage de « quelque chose » à « n’importe quoi » : angoisse qui grandit car ils n’arrivent pas à parler

2. Un dialogue impersonnel

- l. 1-7, le « nous » est répété plusieurs fois, puis on a plus de pronoms, puis le « nous » revient à la fin = retour au point de départ

- présent de vérité générale = quand on veut vraiment dialoguer, on n’utilise pas les vérités générales

- présent d’énonciation l. 29-33 quand les deux persos s’angoissent, ils parlent d’eux et non de généralités

- pauvreté des dialogues : pas de verbes d’action, pas de verbes de sentiments, pas de termes en rapports avec les personnages

3. Le refuge dans le langage poétique

- chps lexicaux :

v la nature animée : « ailes » « plumes » = oiseaux

v la nature inanimée : « sable », « cendres » « feuilles » (mortes)

v vie/mort : « avoir vécu », « mortes » = la mort domine

- les silences découpent le texte comme s’il y avait des strophes, et il y a presque des vers avec le nombre de pieds. Certains mots sont répétés et créent un écho.



II. Les causes de cette difficulté de communication

1. Les contradictions

- entre l’objectif « converser » et les didascalies « silence ». Les silences sont de plus en plus nombreux et en gradation « long silence »

- thèmes abordés : « converser » s’oppose à « feuilles », « sable », « cendres »

- paroles et silence : « incapables de nous taire » « intarissable » « ne pas penser » « ne pas entendre »

- cohérence du discours l. 1-6 : mauvais usage des connecteurs logiques : « excuses » et « raisons » créent un lien de cause à effet qui s’oppose à « c’est pour ne pas penser » et « c’est pour ne pas entendre » (mise en valeur par le présentatif) = faux rapport de cause à effet

- incohérence des arguments formulés : « essayons de converser » -> « pour ne pas penser » = la parole sert à ne pas penser = négation d’une des fonctions du langage = la communication

= arguments qui justifient et établissent la communication sont ceux qui l’anéantissent.

2. La perte du langage

- pauvreté des tirades : vocabulaire limité, structures de phrases très simples et qui s’amenuisent. Reprises et ré^pétitions, démonstratifs simples qui économisent le langage (ce, ça)

- anéantissement du langage avec « mort » « cendres » et long silence qui marquent la fin du « poème »

= discours poétique fictif car pas de ressenti et pas d’idées

= rupture avec le discours logique, cohérent, raisonné, et refuge dans la poésie



III. Une vision tragique de la condition humaine

1. La difficulté d’être

- conséquence de la difficulté de communiquer : on s’épanouit à partir du moment où l’on nomme, nommer quelque chose c’est le faire exister. L. 20-23 la parole permet d’exister soi même, Vladimir et Estragon perdent le sens de la parole = ils n’existent plus

- la faiblesse des personnages : « nous sommes incapables de nous taire » « intarissables » = paronymes (termes qui ont des sonorités proches). Comme « intarissable » est rapproché d’ « incapable », il devient péjoratif

- la perte de l’individualité : 2 personnages quasi identiques et interchangeables, perte de l’humanité, ils s’orientent vers l’animalisation.

2. Le non-sens de l’existence

- angoisse éprouvée par les personnages : « angoissé » + apparition des pronoms « je » et « tu », impératifs qui expriment le cri = prise de conscience

- le silence marque le vide, vide de pensée, vide de la vie, vide du futur

- mort et peur de la mort : « feuilles » (mortes), « sable » (ensevelissement), « cendre » (décomposition) = la poésie est le genre le plus proche des sentiments de l’homme et ce « poème » exprime la mort.

- triple échec des personnages : converser, communiquer, penser dans le but de combler le vide de l’angoisse et de la mort.

= quand on arrive plus à communiquer, on perd toute son humanité.

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Brice

avatar

Nombre de messages : 11
Age : 28
Localisation : Athis-Mons
Date d'inscription : 22/01/2007

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Dim 29 Avr - 11:29

Halala Marie mais que serait le monde sans toi.
Encore une fois un grand merci en cette fin d'année scolaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marie
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 93
Age : 28
Localisation : Athis-Monstre
Date d'inscription : 13/12/2006

MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   Lun 30 Avr - 8:37

Mais de rien Brice ^^

Voici la suite:


Samuel Beckett
En attendant Godot
Texte n°4 (scène d’exposition)


I. Un dialogue
1. Un dialogue apparemment vivant
- véritable situation d’énonciation, communication « je » « tu », « nous »
- stichomythie (=dialogue dans lequel les tirades sont courtes et s’enchaînent rapidement) : répliques très brèves, jeu de question-réponse, rythme saccadé. Des temps de pause séparent des échanges rapides
- modes et temps : indicatif présent d’énonciation, futur, impératif, + subj et conditionnel = hypothèse et surtout réflexions (enfin !)
2. Les thèmes abordés
- « silence » marque le chgmt de conversation, le chgmt de sujet = il y a dc un contenu
- chps lexicaux :
 mvt, éloignement, départ
 Godot + notion de salut, d’attente, de rétribution = questions métaphysiques
 Arbre : nature
 Suicide, mort
 Pantalon = quotidien
3. Un dialogue qui échoue
- contradictions :
 Entre les paroles et les gestes qui sont notés dans les didascalies « Allons-y. Ils ne bougent pas. »
 Bcp de silences et chgmts de conversation qui montrent que le dialogue n’aboutit pas

II. Mise en scène de deux personnages tragiques
1. L’apparente supériorité d’Estragon
- il mène le dialogue, pose des questions, lance des sujets de conversation et donne même des ordres. Vladimir se laisse conduire par Estragon.
- E. s’affirme : « moi je m’en vais ». Le « moi je » montre qu’il exprime enfin ses désirs
- il formule des hypothèses et il a des idées « si » revient plusieurs fois dans ses paroles.
2. L’immobilisme de Vladimir
- refus : répliques à la forme négatives et répliques restrictives « c’est trop court »
- objections : « pouvoir », « il faut que »
- peurs : « il nous punirait » = peur enfantine
= il a des réticences, il est effrayé
3. Des relations qui s’inversent
- l.1 à 80 : Estragon domine
- l. 80 à la fin du texte : Vladimir domine avec impératifs, histoire du pantalon « RE » en majuscules + Estragon pose des questions soumises en enfantines
= toute domination est illusoire et temporaire, précarité des relations humaines, dépendance des hommes entre eux qui peut être dangereuse et nuisible (Vladimir empêche Estragon d’évoluer)

III.Signification : vision désespérante de la condition humaine
1. Absence de dénouement
- « rideau » ≠ contenu de la scène
- nombreuses similitudes avec le début de la pièce :
 arbre, chaussures, pantalon.
 L’arbre a pris des feuilles, il a évolué alors que les personnages non : on retrouve les mêmes relations entre eux à la toute fin de la scène
 Mêmes thèmes : souffrance, mort…
 Structure circulaire : pas de chgmt entre début ety fin, pas de résolution au problème posé
- objectif d’attendre Godot n’est pas atteint et devient une hypothèse « s’il vient », « à moins que »
- absence d’action : « je m’en vais », « allons-y » -> « silence » « ils ne bougent pas »
2. L’absurdité de la condition humaine
- des attentes jamais comblées : le désir d’un ailleurs meilleur, répétition du verbe « aller », « il faut que je m’en aille », « si, si, allons nous-en loin d’ici » = nécessité de partir montrée par les sons s et i (sons de l’angoisse) = le but est d’échapper à sa condition humaine
- le désir de salut : attente de « Dieu », désir d’être sauvé après la mort « s’il vient, nous serons sauvés », d’où le suicide. Critique des espérances religieuses, de la notion de rétribution « punirait » = infantilisation de l’homme »
- immobilisme, incapacité à échapper à sa condition avec l’arbre :
 les deux personnages sont somme fascinés par l’arbre. Le mot « arbre » est répété plusieurs fois
 opposition homme/nature car nature = éternel renouvellement et personnages = immobilisme et mort.
 Ils vont vers l’arbre et « s’immobilisent » (mot symbolique) devant lui. « viens voir » = ils sont attirés par l’arbre car il représente la vie alors qu’eux sont attirés par la mort
 « seul l’arbre vit » aboutit à « si on se pendait »
= pas de consolation dans la nature (≠ romantisme), l’homme ne parvient pas à être « vivant » comme la nature
- incapacité à se suicider : objections de Vladimir, didascalies, pantalon
= condamnation de l’homme au vide, au désespoir, « déréliction » (= homme jeté dans sa vie sans trouver aucun sens à l’existence qu’il est contraient d’avoir)

_________________
"Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé." (Oscar Wilde)
http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miroir-monstrueux.blogspot.com
Thea

avatar

Nombre de messages : 21
Age : 28
Localisation : Thiais
Date d'inscription : 23/03/2007

MessageSujet: Merci =)   Sam 2 Juin - 9:47

Merci beaucoup Marie Smile

Pour Candide, dans l'extrait de la dénonciation de l'esclavage, Mme Labarthe m'a affirmé, lors d'un intercours, qu'il y avait un grand 2 qui traitait les registres. Ainsi, si l'examinateur nous pose la question "Quels sont les procédés au service de la dénonciation de l'esclavage?", il fallait faire le grand Un du cours et le grand Deux "Les registres". Seulement je n'ai pas ce Grand Deux la dans mon cours, est-ce normal ?

Mille bisous
I love you
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://livioutheou.skyblog.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Commentaires des textes vus en cours   

Revenir en haut Aller en bas
 
Commentaires des textes vus en cours
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Texte sur le Titanic en cours de Français
» Commentaires sur les petits textes et petites réflexions de Lucifuru
» Cours de Rap Pour les Novices [CLASH]
» Dollhouse : avis et commentaires
» En cours: Hotchkiss H35 - RPM 1 / 72.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le forum des TL de St-Charles! :: Entraide! :: Français-
Sauter vers: